Grand succès pour le colloque de la CRJ sur les conséquences de la COVID-19 chez les jeunes

26 novembre 2020 | Sophie Laberge

Mise à jour : 2 décembre 2020

Depuis mars dernier, la pandémie a bouleversé la vie des jeunes de partout dans le monde. Les habitudes se transforment, les repères sont à reconstruire. Pour échanger sur le sujet, la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec (CRJ) a organisé un colloque sur le thème « Les jeunes face aux conséquences de la COVID-19 ».

Le 20 novembre 2020, plus de 700 participantes et participants se sont rassemblés virtuellement autour de thèmes liés aux effets de la pandémie chez ce groupe d’âge de la population québécoise. La grande majorité des personnes présentes provenait des milieux de pratique et d’intervention (communautaire, éducation ainsi que santé et services sociaux), de même que des milieux universitaire et gouvernemental.

Maria Eugenia Longo professeure a l'INRS s'intéresse à la jeunesse
La professeure Maria Eugenia Longo (à gauche sur la photo) et ses étudiant(e)s. La professeure Longo est cotitulaire de la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec. Photo : Phil Bernard

« En ce moment, il y a un besoin réel de discuter de la jeunesse au Québec. Même celles et ceux qui n’ont pas été touchés par le virus de la COVID-19 ont été fortement affectés par les conséquences sociales et économiques de cette pandémie, souligne la professeure de l’INRS María Eugenia Longo, organisatrice de l’événement et cotitulaire de la CRJ. Le format du webinaire a permis une circulation des savoirs entre le milieu universitaire et le milieu de pratique, l’un des objectifs centraux de la CRJ. »

L’une des répercussions les plus frappantes de la pandémie, pour l’instant, touche le plan économique.

En effet, pour les 15 à 34 ans, le taux de chômage en avril 2020 était cinq fois plus élevé qu’en février de la même année, et quatre fois plus élevé qu’en avril 2019. Avec la reprise économique de septembre, le groupe de recherche de la CRJ a constaté que, malgré une hausse de l’emploi générale, le taux d’emploi se récupère plus lentement pour ce groupe d’âge.


Un contexte social particulier

Les établissements d’enseignement emboîtent le pas au marché de l’emploi et reprennent, eux aussi, leurs activités. Malgré cette reprise, les parcours de vie des jeunes restent marqués par cette crise sanitaire, économique et sociale sans précédent. C’est pour appréhender ce contexte social particulier et ses effets sur les jeunes que la CRJ a réuni une vingtaine de ses membres, des chercheuses et des chercheurs de différentes universités ainsi que des intervenantes et des intervenants d’organismes partenaires, œuvrant dans les milieux jeunesse de l’ensemble du Québec.

Pendant le colloque, les échanges ont permis d’avoir une vue globale du sujet, entre autres grâce aux interventions sur la situation des jeunes Autochtones, la santé mentale en général, les difficultés de rester en emploi lors de la pandémie et sur les conséquences de cette dernière chez les jeunes sur le plan scolaire.

« Il a été intéressant d’aborder à la fois le sujet des inégalités sociales et celui de la capacité de résilience et d’adaptation des jeunes dans ce contexte d’exception, poursuit Maria Eugenia Longo. Les problèmes soulevés mettent en évidence que l’action en faveur de la jeunesse constitue un enjeu clé. Il est temps de faire des choix de société vers une transformation de l’économie en modèle de développement durable, la démocratisation d’une éducation de qualité, l’intégration des valeurs environnementales et de respect à la diversité qui importe tant aux jeunes, et pas seulement sur la relance du marché du travail. Les gouvernements n’ont pas le choix de les écouter. »


Des sujets qui concernent les jeunes

Rassemblés en duos, les spécialistes des milieux universitaire et communautaire ont partagé leurs connaissances sur des enjeux vécus par les jeunes pendant la pandémie et le confinement.

À cette occasion, plusieurs sujets ont été abordés :

  • les inégalités, la santé et la résilience des jeunes liés à l’emploi pendant la COVID-19 ;
  • les solutions des jeunes pour optimiser leur engagement scolaire en temps de pandémie ;
  • l’effet de la pandémie sur les inégalités dans le système scolaire québécois ;
  • le mieux-être des jeunes autochtones à l’ère de la COVID-19 ;
  • les effets de la pandémie sur les jeunes en situation de précarité sociale qui consomment des drogues et des recommandations pour adapter les services en réduction des méfaits ;
  • des réflexions préliminaires sur l’incidence des mesures de santé publique sur le travail d’intervenant jeunesse en santé mentale en temps de pandémie.


À propos de la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec (CRJ)

La Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse (CRJ) regroupe les forces vives de la recherche et de l’intervention sur la jeunesse afin de répondre aux besoins transversaux et spécifiques de la Politique québécoise de la jeunesse 2030. Ce sont 121 chercheuses et chercheurs, 14 centres, 7 partenariats de recherche, 19 chaires de recherche, 52 partenaires sociaux et gouvernementaux et plusieurs collectifs de jeunes qui y œuvrent pour développer des recherches et des pratiques fondées sur l’interdépendance entre les besoins, les parcours, les soutiens, les sphères et les contextes de vie des jeunes. Les cotitulaires de la CRJ sont Natasha Blanchet Cohen (Université Concordia), Sylvain Bourdon (INRS et Université de Sherbrooke), Martin Goyette (ENAP) et María Eugenia Longo (INRS).