Jean-Pierre Villeneuve, pionnier et bâtisseur

19 février 2021 | Audrey-Maude Vézina

Mise à jour : 19 février 2021

Retour sur les 50 années de carrière d’un professeur qui a façonné l’INRS pour mieux le faire briller.

Le professeur Jean-Pierre Villeneuve à l’événement du 50e de l’INRS. Photo : Laëtitia Boudaud

C’est à l’été 1970 que le professeur Jean-Pierre Villeneuve se joint au centre INRS-Eau, aujourd’hui le Centre Eau Terre Environnement de l’INRS. Alors qu’il était en vacances sur une plage à Roberval, il est demandé au téléphone. « C’était le directeur du centre, Michel Slivitzky, qui m’appelait pour que je vienne le rencontrer à l’INRS. Lorsque je suis arrivé, j’ai eu droit à l’orchestre au complet, tous les dirigeants étaient là », raconte-t-il. Monsieur Slivitzky lui a alors parlé du premier gros projet de recherche de l’INRS avec le gouvernement du Québec : la rationalisation du réseau hydrométrique. 

« J’ai laissé mon poste de professeur en génie civil à l’Université Laval pour travailler à l’INRS. C’est la meilleure décision que j’ai prise dans ma vie. »

Jean-Pierre Villeneuve, expert en analyse des systèmes et optimisation des ressources en eau.

Depuis, le professeur Villeneuve a participé à de nombreux travaux ayant marqué l’histoire du Québec. Il a entre autres supervisé un projet de gestion des débordements des réseaux unitaires. Il a également contribué à la conception de modèles mathématiques dont les résultats ont été utilisés lors de la construction de barrages hydroélectriques, à la Baie-James. « Je me suis toujours amusé à gérer les recherches. C’était un plaisir de travailler avec mes collègues, mes étudiantes, mes étudiants, mes postdoctorantes et mes postdoctorants. Et j’avais un plaisir fou à enseigner ! » confie le spécialiste en hydrologie urbaine, en gestion intégrée des ressources en eau ainsi qu’en mathématiques appliquées.


Un directeur rigoureux

En 1990, Jean-Pierre Villeneuve est nommé directeur de l’INRS-Eau. « Je n’avais jamais pensé diriger le centre alors que mes équipes de recherche roulaient bien, mais certains de mes collègues m’ont fortement encouragé. En 17 ans comme directeur, j’ai appris beaucoup sur la gestion et j’ai pu implanter de nouvelles façons de faire. Je crois avoir réussi sur le plan financier et sur le plan scientifique », souligne-t-il.

Alors qu’il était directeur, le professeur Villeneuve a fait partie de presque tous les comités.

« En 2000, j’ai participé au comité de refinancement de l’INRS, que j’appelais « le comité sans nom ». Ce comité secret a permis à l’INRS de redéfinir sa façon de se financer. J’ai aussi créé le syndicat des professeurs, poursuit le chercheur qui envisage de rédiger l’histoire de ces deux comités. J’ai également contribué à la mise en place des programmes de maîtrise, de maîtrise professionnelle et de doctorat du centre. J’étais un bourreau de travail, mais j’aimais ça. »

Il tient à souligner l’appui indéfectible de ses collègues et de la direction durant toutes ses années de carrière. « J’ai toujours reçu un soutien extraordinaire de la direction générale lorsque je proposais des idées et des projets. C’est rare ! »

Le 1er février 2021, le professeur Jean-Pierre Villeneuve prenait sa retraite après plus de 50 années de carrière universitaire. « Je prends ma retraite, mais je ne me retire pas. Je pourrais mentorer des étudiants et des étudiants avec plaisir, car professeur un jour, professeur toujours ! »

Bonne suite, professeur !


Distinctions

  • Nommé chevalier de l’Ordre national du Québec, le 22 juin 2018.
  • Élu membre de l’Académie canadienne du génie, 2009.
  • Nommé au Cercle d’excellence 2002 de l’Université du Québec pour ses réalisations à l’Institut national de la recherche scientifique.
  • Lauréat du prix Adrien-Pouliot 2002 décerné par l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), le 3 octobre 2002.
  • Nommé chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur par le président de la République française par décret le 10 avril 1997.