Les élèves allophones du Canada affichent une meilleure réussite scolaire

21 octobre 2014

( mise à jour : 17 septembre 2020 )


Une étude récente montre que les élèves allophones de Montréal, de Toronto et de Vancouver obtiennent leur diplôme d’études secondaires dans des proportions semblables aux autres élèves, mais quand leurs caractéristiques personnelles sont contrôlées, ils ont tendance à mieux réussir, particulièrement à Vancouver.

Dans un article paru en 2013 dans la revue Canadian Studies in Population, Jacques Ledent, de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), et ses collègues canadiens ont analysé les données locales et provinciales en matière de réussite scolaire dans les trois principales villes d’accueil des immigrants.

 

L’étude a comparé le rendement scolaire des élèves qui ne parlent pas la langue d’enseignement à la maison (l’anglais à Toronto et à Vancouver et le français à Montréal) avec celui des élèves qui l’utilisent. L’étude désigne le premier groupe sous le terme d’« élèves allophones ».

 

Les données de chacune des trois villes montrent que les élèves allophones sont plus enclins à terminer leurs études secondaires que les autres. Par exemple, à Vancouver, ils ont deux fois plus de chances d’obtenir leur diplôme que les anglophones. À Toronto, ce rapport s’établit à 1,35. Enfin, les allophones de Montréal ont 1,39 fois plus de chances que les francophones de terminer leurs études secondaires.

 

Les élèves allophones tendent également à enregistrer des taux élevés de participation aux cours du parcours collégial et universitaire. C’est particulièrement le cas à Vancouver, où les allophones sont trois fois plus enclins à suivre ces cours que les élèves anglophones.

 

L’étude a toutefois mis en évidence des différences importantes de diplomation et de participation entre les sous-groupes linguistiques .Par exemple, si les élèves sinophones réussissent systématiquement mieux que les élèves anglophones ou francophones, les sous-groupes hispanophones, lusophones et créolophones affichent souvent un rendement scolaire bien inférieur aux autres.          

 

Compte tenu des différences de résultats entre les sous-groupes linguistiques, Jacques Ledent et ses collègues affirment qu’une politique uniforme à l’intention des élèves d’origine immigrée ne repose sur aucune observation valable.

 

« Lorsqu’il s’agit d’offrir dans nos écoles des services d’intégration aux élèves d’origine immigrée, les décideurs devraient éviter de considérer ces élèves comme un groupe uniforme », affirme Jacques Ledent. « Il faut plutôt mettre en place des programmes adaptés à chaque sous-groupe. » 

 

L’étude a aussi porté sur les variables qui influencent de manière systématique le rendement scolaire des allophones au sein du système canadien. Les principaux facteurs positifs de leur réussite seraient les suivants : 1) une scolarisation précoce ou commençant à l’âge habituel, 2) le maintien dans une même école plutôt que le passage par plusieurs établissements, et 3) la fréquentation d’une école privée.

Résumé de l’étude dans le dossier de recherche du Réseau stratégique de connaissances Changements de population et parcours de vie : Academic Performance and Educational Pathways of Allophone Youth: A Comparative Analysis of Montreal, Toronto, and Vancouver (en anglais)

 

Pour plus de précisions, communiquez avec le professeur Jacques Ledent de l’INRS. ♦