Ma recherche en série : la maîtrise en mobilisation et transferts des connaissances d’Alice Gaudreau

8 mars 2021 | Sophie Laberge

Mise à jour : 9 mars 2021

Nous sommes en mai 2019. Moins d’une semaine après avoir complété la scolarité de ma maîtrise en mobilisation et transfert de connaissances, j’ai fait mes bagages et je suis partie vivre quelques mois à Ottawa, pour y réaliser mon stage de recherche au gouvernement fédéral.

Alice Gaudreau

Passionnée par les politiques publiques et les questions d’emploi, j’ai été très enthousiasmée lorsque ma directrice de recherche, María Eugenia Longo, m’a proposé de réaliser mon stage de maîtrise au sein du ministère Emploi et Développement social Canada. Avec mon projet, je cherchais à comprendre la mise en œuvre du programme de la Stratégie emploi et compétences jeunesse du Canada, s’adressant aux jeunes qui font face à davantage de barrières à l’emploi.


Collecter, analyser, rédiger… transférer !

Certains jeunes vivent de multiples difficultés personnelles qui affectent leur capacité à trouver un emploi. Or, les programmes gouvernementaux limitent parfois leurs services au marché du travail. Il existe donc des programmes qui offrent aux jeunes un éventail de soutien pour l’ensemble des sphères de leur vie comme le logement, la santé, ou l’éducation, pour n’en nommer que quelques-uns.

Toutefois, ces programmes sont complexes à mettre en place. Il est donc important de bien comprendre les enjeux des organismes chargés de les mettre en action. Dans le cadre de mon stage, j’ai pu réaliser des entretiens qualitatifs auprès d’organismes d’insertion en emploi au Québec et en Ontario. Ma recherche a permis de faire ressortir quels acteurs mettent en œuvre la politique et comment ils collaborent entre eux pour offrir des services aux jeunes.

Le parcours des étudiantes et des étudiants à la maîtrise en Mobilisation et transfert de connaissances est structuré de manière à ce que les résultats des travaux puissent être utilisés au sein du monde académique, mais aussi dans un contexte plus large. Dans mon cas, j’ai assuré le transfert de connaissances acquises lors de mon projet de recherche de cinq manières différentes !

D’abord, pour le milieu scientifique, j’ai corédigé un article scientifique avec ma directrice de recherche. Cela a été une occasion formidable de mieux comprendre comment la connaissance se construit. Ensuite, pour le milieu de pratique, j’ai eu la chance de réaliser toutes sortes de projets différents. J’ai commencé par un rapport de recherche remis au ministère, incluant l’ensemble des résultats de la recherche, et même des recommandations de politiques. J’ai également pu présenter mes résultats de recherche en personne aux membres de mon équipe. Pour faire rayonner ma recherche en dehors du monde académique et gouvernemental, j’ai préparé un court feuillet à l’intention des organismes du secteur communautaire qui mettent en œuvre la Stratégie emploi et compétences jeunesse. Enfin, pour rendre l’information plus attrayante, la professeure Longo et moi prévoyons faire une affiche BD pour accompagner le tout.


Dire « oui » aux nouvelles expériences 

Le stage n’a pas été une fin en soi… ça a plutôt été un tremplin qui m’a permis de découvrir toutes sortes de manières de faire connaître la recherche scientifique en dehors des murs de l’université et de tout mettre en place pour que les résultats de recherche aient un réel impact.

Cette expérience a été déterminante dans mon parcours professionnel et si c’est certainement un élément phare de mon parcours à l’INRS, c’est loin d’être le seul. Au-delà de la richesse de mes cours et de l’accessibilité du corps professoral, c’est la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec (CRJ) qui a complètement transformé mon parcours à la maîtrise. Comme la CRJ compte 121 chercheurs et 52 partenaires sociaux et gouvernementaux, j’ai vraiment pu y réaliser le potentiel infini de la recherche collaborative.

Alice Gaudreau

Pendant mes deux années d’études au Centre Urbanisation Culture Société (UCS), j’ai eu l’occasion d’être coordonnatrice du volet Emploi et Entrepreneuriat de cette chaire et assistante de recherche pour certains projets de recherche du volet Éducation, citoyenneté et culture. Alors que mon stage m’a permis de mieux comprendre les politiques publiques, la CRJ m’a permis de découvrir la recherche telle qu’elle se vit de l’intérieur, par les professeures et les professeurs et les chercheuses et les chercheurs.

J’ai pu assister à leurs rencontres, organiser des événements d’envergure, soutenir des projets de recherche, et plus encore. Avant d’en faire partie à titre d’étudiante et de coordonnatrice, je n’avais pas saisi la pertinence de ces regroupements de recherche. Aujourd’hui, je réalise à quel point nous sommes privilégiées et privilégiés, à l’INRS, d’avoir tant de chaires, groupes et réseaux qui rendent la recherche plus vivante et plus pertinente.


À propos d’Alice Gaudreau

Alice Gaudreau a obtenu un baccalauréat en relations industrielles à l’Université McGill, avant de poursuivre à la maîtrise en Mobilisation et transfert de connaissances à l’INRS. Elle a été récipiendaire d’une bourse d’études supérieures du Canada Joseph-Armand-Bombardier, offerte par le Conseil national de recherches en sciences humaines (CRSH), ainsi que trois bourses de l’INRS (une bourse de stage d’été, une bourse de spécialisation soulignant l’excellence académique et le travail de recherche et une bourse de fin de rédaction). Alors qu’elle complétait son diplôme, elle a été engagée comme analyste de politiques au ministère Emploi et Développement social Canada, au sein même de l’équipe où elle a réalisé son stage de maîtrise. Elle travaille sur les dossiers relatifs à la politique jeunesse ainsi que pour un projet de recherche du ministère.

Ma recherche en série présente des projets de maîtrise et de doctorat à l’INRS. Les textes sont rédigés par les étudiant(e)s et révisés par le Service des communications.