Ma recherche en série : la maîtrise en sciences de la Terre de Dan Ngoyo Mandemvo

Publié par Dan Ngoyo Mandemvo

13 octobre 2020

( mise à jour : 14 octobre 2020 )

L’hiver dernier, j’étais étudiant à la maîtrise en génie minier à la Faculté Polytechnique de Mons, en Belgique. Pour obtenir mon diplôme, je devais réaliser un travail de fin d’études équivalent au mémoire de maîtrise.

Mon souhait était de le faire en lien avec la modélisation numérique et, comme je voulais également réaliser ce projet à l’étranger, mon choix s’est arrêté sur le Canada. Puisque mon projet portait sur le potentiel géothermique d’une mine de la ville de Thetford Mines, l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) m’a tout de suite interpellé. À la fin de mon stage, le professeur Jasmin Raymond m’a fait une proposition de maîtrise pour poursuivre mes travaux. J’y ai vu une belle occasion de contribuer à la croissance du secteur de l’environnement et des énergies renouvelables… et je suis resté au Québec.

Ma recherche en série : la maîtrise en sciences de la terre de Dan Ngoyo Mandemvo
Cet endroit fait ressortir l’aspect naturel du lieu, mais aussi son aspect scientifique, moins perceptible, mais existant, puisque ce cours d’eau pourrait posséder des refuges thermiques pour les saumons.

L’objectif de mon projet de maîtrise est d’améliorer l’approche analytique de détermination du potentiel géothermique contenue dans une mine inondée, en étudiant la mine Con dans les Territoires du Nord-Ouest comme exemple. L’approche analytique actuellement employée ne tient compte que de l’énergie contenue dans l’eau et non dans la roche, ce qui tend à sous-estimer le potentiel géothermique exploitable. La nouvelle approche en cours de développement intègre cet aspect. Les résultats que j’obtiendrai seront comparés à ceux obtenus avec un modèle numérique 3D. L’approche analytique sera améliorée afin de reproduire les résultats numériques jugés plus représentatifs. Lorsque l’approche analytique sera satisfaisante, le but de ce travail est également d’évaluer le potentiel géothermique des mines autres que la mine Con.

Avec cette méthode de détermination du potentiel géothermique, il sera facile de déterminer la quantité d’énergie disponible pour des fins de chauffage ou climatisation de bâtiments, notamment pour un parc industriel situé sur le site minier, et cela, sans passer par des développements numériques complexes et coûteux en temps.


La portée de mes recherches dans la vie de tous les jours

Ma recherche en série : la maîtrise en sciences de la terre de Dan Ngoyo Mandemvo
Photo prise pendant un cours de terrain. C’est une photo qui montre le type de paysage que l’on peut rencontrer lorsque l’on fait des mesures sur le terrain. Photo : Victoria LEE

L’énergie géothermique est une ressource naturelle disponible partout sur terre. Dans les zones où son exploitation est possible, elle pourrait être un avantage considérable, notamment dans les pays dotés d’un hiver et d’un été. Son utilisation peut être faite durant toute l’année : en été, l’eau provenant du sol est transférée dans les espaces intérieurs pour récupérer la chaleur et refroidir le milieu. Cette eau chaude est stockée dans le sol pour être utilisée en hiver afin de chauffer le milieu. C’est un cycle qui s’opère tout au long de l’année et nous évite d’utiliser des combustibles fossiles pour chauffer ou climatiser des habitations ou encore des industries.

Dans ce contexte, utiliser l’eau des mines présente des avantages, en plus de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une mine possède des infrastructures souterraines (puits, tunnels, galeries…) qui réduisent les coûts liés au développement du projet. En effet, pour exploiter l’énergie géothermique, il faut réaliser des forages ce qui rend parfois le projet non viable. La quantité importante des vides dans une mine permet de drastiquement réduire ces coûts et facilite l’accès à la ressource.

Professionnellement, ce projet m’apporte des compétences supplémentaires en modélisation analytique et numérique. Avec le développement des technologies dans les dernières années, la modélisation est un champ d’application qui a pris beaucoup d’ampleur. Elle permet de prévoir le futur avec une certaine probabilité et donc de se préparer en conséquence. Et les paysages que je découvre au Québec sont l’objet d’une autre de mes passions, la photographie aérienne ! Ça me permet de voir des choses incroyables et de percevoir l’environnement d’une manière complètement différente. Paradoxalement, on irait dans l’eau en maillot de bain, mais parfois la science demande que l’on soit vêtu!


À propos de Dan Ngoyo Mandemvo

Titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise en génie minier de la Faculté Polytechnique de Mons, en Belgique, il poursuit sa formation à la maîtrise en sciences de la Terre à l’INRS, sous la supervision du professeur Jasmin Raymond. Le titre de son projet est : « Potentiel géothermique des mines souterraines inondées : Étude de la mine Con (Territoires du Nord-Ouest, Canada) ».

Pour voir son travail de photographie aérienne, consultez son compte Instagram.

Ma recherche en série : la maîtrise en sciences de la terre de Dan Ngoyo Mandemvo
Photo : Photo prise dans le laboratoire de géothermie. Cette photo a été prise pendant que je réalisais les mesures de conductivité et diffusivité thermique des échantillons de roches provenant de Yellowknife.