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Ma recherche en série : La passion pour l’environnement de Jérémie Boudreault, de la maîtrise au doctorat !

22 avril 2022 | Jérémie Boudreault

Mise à jour : 22 avril 2022

Pas besoin de passer par Trondheim, Wellington, Gaspé et Québec pour aller de la maîtrise au doctorat… mais pourquoi pas quand on s’intéresse à l’environnement ?

Jérémie Boudreault étudiant à l'INRS

Jérémie Boudreault a quitté son bureau dans une compagnie d’assurance pour plonger dans les études en sciences de l’eau à l’INRS.

Après un baccalauréat en actuariat à l’Université Laval et deux stages en assurance, j’avais le désir de changer d’air pour les études supérieures. Mais c’est vraiment après une session d’études à la Norwegian University of Science and Technology, à la dernière session de mon bac en Norvège, que c’est devenu clair : je voulais appliquer mes connaissances en statistique à l’environnement.

Jérémie Boudreault (à gauche) accompagné d’un de ses amis en Norvège.

Grâce aux conseils avisés de mes anciens professeurs (merci encore!), j’ai jeté un coup d’œil à la maîtrise en science de l’eau de l’INRS et aux travaux du professeur Fateh Chebana, spécialiste de la statistique et de la science des données appliquées à l’environnement. Wow ! C’était exactement ce que je cherchais !


Ma maîtrise en environnement (2016-2018)

Pour mon projet de maîtrise, j’ai voulu plonger (littéralement) à l’eau ! C’est pourquoi j’ai choisi un projet qui me sortirait du bureau et qui m’amènerait sur le terrain dans le domaine de l’environnement. Pour ce faire, j’ai été épaulé par deux professeurs de l’INRS, André St-Hilaire, spécialiste de la thermie en rivière, et Normand Bergeron, expert en habitats aquatiques. Cette codirection témoigne des nombreuses possibilités de synergie qui existent à l’INRS et de l’interdisciplinarité des sujets d’étude.

J’ai donc passé les deux étés de ma maîtrise entre le Saguenay et la Gaspésie. J’y ai fait de l’échantillonnage de données en rivière pour mon projet. Disons-le, c’était pour moi un environnement un peu plus stimulant qu’un cubicule gris d’une compagnie d’assurance.

Une fois les données en main, je suis retourné à mon champ d’expertise, c’est-à-dire la modélisation statistique. Mon projet consistait à développer une nouvelle génération de modèles pour l’habitat du saumon atlantique juvénile. J’ai utilisé des modèles statistiques avancés afin de mieux comprendre et prédire la qualité de l’habitat du poisson ainsi que pour modéliser une variable clé de son environnement : la température de l’eau. J’ai présenté mes travaux à de nombreuses occasions et j’ai publié dans des revues internationales telles que American Water Resource Association, Ecohydraulics, Thermal Biology et Ecological Modelling. Mes travaux de maîtrise m’ont valu le prestigieux prix Ken Thompson de la Canadian Water Resources Association, signe que j’avais réussi à m’adapter à ce nouveau domaine tel un poisson dans l’eau (!).

Durant ma maîtrise, j’étais aussi impliqué dans mon association étudiante, l’AECETE, comme responsable du dossier environnemental.


Une pause des études supérieures pour voyager et travailler (2018-2021)

Une fois mon diplôme en main, j’ai décidé de prendre une pause d’un an pour voyager en Nouvelle-Zélande avec ma conjointe. En plus de travailler dans des fermes biologiques, j’ai consacré cette année sabbatique à la création d’un blogue, Deux minimalistes québécois, pour promouvoir un mode de vie écoresponsable et vulgariser des thématiques liées à l’environnement. Grâce à la notoriété acquise, j’ai donné des entrevues à Radio-Canada et à Météo-Média ainsi que des conférences pour le grand public.

Cette période m’a permis de réfléchir grandement à la crise environnementale, mais aussi à la suite de ma carrière. J’ai d’ailleurs pris le temps de poursuivre certains travaux en lien avec ma maîtrise avec l’idée en tête de revenir, un jour, peut-être, qui sait, aux études doctorales…

À mon retour au Québec, j’ai été recruté dans une compagnie d’assurance canadienne, pour me joindre à une équipe spécialisée sur la modélisation des risques hydrométéorologiques. Le gros de mon travail a été de modéliser les impacts économiques des changements climatiques pour des phénomènes naturels comme les inondations, les orages, les tempêtes de neige et les ouragans. J’ai été responsable de plusieurs projets et j’ai supervisé des stagiaires Mitacs, ce qui m’a reconnecté avec le monde de la recherche.

« Cet emploi m’a aussi appris à utiliser la science pour résoudre des problématiques concrètes pour les entreprises, confrontées elles aussi aux impacts des changements climatiques. »

Jérémie Boudreault


Le retour au doctorat en changements climatiques (2021 — )

Avec la pandémie de COVID-19 qui ne finissait plus de finir, j’ai eu le désir d’apporter mon bagage multidisciplinaire aux problématiques en santé, mais pour une autre crise : celle des changements climatiques. J’ai donc recontacté mon mentor, le professeur Fateh Chebana, et mis en œuvre un projet novateur sur les impacts économiques des changements climatiques en santé, plus particulièrement les vagues de chaleur.

Je me suis inscrit au programme de doctorat sur mesure de l’INRS, ce qui m’a permis de choisir mon propre cheminement combinant la science des données, la santé environnementale et les changements climatiques. Pour ce projet, je peux compter sur l’aide précieuse de ma codirectrice, Céline Campagna, chercheuse d’établissement en santé et changements climatiques à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et professeure associée à l’INRS.

Depuis mon retour à l’INRS, je m’implique activement au sein du Comité Vert du 490, sur le campus de Québec. Nous avons récemment obtenu un financement de 10 000 $ de l’INRS et de 5 000 $ du Gouvernement du Québec, afin de mettre en œuvre des initiatives de réduction des matières résiduelles à l’INRS. Une manière bien concrète de participer à la lutte climatique !

Comme vous l’aurez constaté, la cause environnementale transcende tout mon parcours universitaire et professionnel. Mon changement de domaine après le baccalauréat, puis ma maîtrise, mon année sabbatique, mon blogue et mon passage en entreprise m’ont permis de me retrouver sur le chemin du doctorat. Ces recherches sur les conséquences économiques des changements climatiques en santé, avec des approches de la science des données, s’inscrivent dans la continuité de tous mes projets des dernières années : travailler sur des problématiques environnementales concrètes et participer à la lutte aux changements climatiques par la recherche.