Mise au jour de nouvelles stratégies de virulence utilisées par Leishmania

28 juillet 2016

( mise à jour : 17 septembre 2020 )


Le professeur Albert Descoteaux du Centre INRS–Institut Armand-Frappier et son équipe ont mis en évidence des stratégies de virulence qui n’avaient pas été précédemment décrites chez le parasite Leishmania. Publiées récemment dans la prestigieuse revue PLoS Pathogens, ces percées scientifiques constituent deux pièces importantes dans le grand puzzle reconstituant les mécanismes cellulaires et moléculaires en jeu lors d’une infection causée par ces parasites qui causent des leishmanioses, des maladies tropicales négligées endémiques dans une centaine de pays.

 

Leishmania s’établit à l’intérieur des macrophages, une population de globules blancs dont le rôle est de détruire les microorganismes pathogènes, lui permettant ainsi de déjouer le système immunitaire. Lorsqu’il envahit le macrophage, Leishmania se retrouve dans une vacuole qu’il réaménage en manipulant la machinerie de fusion membranaire de la cellule-hôte.  Les résultats obtenus démontrent le rôle d’une molécule de surface de Leishmania, la métalloprotéase dépendante du zinc GP63, dans ce processus. 
 
Ainsi, la GP63 permet à Leishmania major d’échapper à la phagocytose associée à LC3, un processus qui améliore l’activité antimicrobienne des macrophages, en promouvant le clivage du régulateur de fusion membranaire VAMP8.  Les chercheurs ont aussi découvert que la protéase à cystéine CPB, nécessaire à la survie du parasite dans les macrophages, contrôle la virulence de Leishmania mexicana en régulant l’expression de GP63 via un mécanisme qui demeure inconnu.  
 
Jouant un rôle central dans la biologie de Leishmania, ces deux protéases contribuent à la formation et à l’expansion des vacuoles parasitophores dans lesquelles le parasite se développe et se réplique. Les chercheurs ont ainsi mis au jour un nouveau mécanisme de la virulence chez Leishmania, dans lequel les protéases GP63 et CPB sont des facteurs clés.  
 
« Nos résultats offrent une meilleure compréhension de la pathogenèse de Leishmania et mettent en évidence une nouvelle stratégie utilisée par un pathogène intracellulaire pour interférer avec le mécanisme antimicrobien de la cellule hôte », précise le professeur Descoteaux.  Ces connaissances pourront être exploitées pour le développement d’approches préventives ou thérapeutiques contre les leishmanioses.
 
 
 

Deux  articles publiés dans PLoS Pathogens :
 

« Cysteine Peptidase B Regulates Leishmania mexicana Virulence through the Modulation of GP63 Expression » présente les résultats des travaux de recherche réalisés par Pierre-André Casgrain (étudiant à la maitrise), Caroline Martel, W. Robert McMaster, Jeremy C. Mottram, Martin Olivier et Albert Descoteaux. Ceux-ci ont bénéficié du soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada, du Medical Research Council et du Centre de recherche sur les interactions hôte-parasite. doi:10.1371/journal.ppat.1005658
 

« Leishmania major Promastigotes Evade LC3-Associated Phagocytosis through the Action of GP63 » a été rédigé par Christine Matte (assistante de recherche), Pierre-André Casgrain (étudiant à la maitrise), Olivier Séguin (étudiant au doctorat), Neda Moradin (étudiante au doctorat), Wan Jin Hong et Albert Descoteaux. Les Instituts de recherche en santé du Canada et le Centre de recherche sur les interactions hôte-parasite ont financé cette recherche. doi:10.1371/journal.ppat.1005690