Nathan McClintock, professeur au Centre Urbanisation Culture Société

Publié par Sophie Laberge

15 septembre 2020

( mise à jour : 13 octobre 2020 )

Nous attendions Nathan McClintock en mai dernier, mais le confinement dû à la pandémie de COVID-19 a retardé de plusieurs mois l’arrivée de ce nouveau professeur du Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS.

Nathan McClintock, professeur au Centre Urbanisation Culture Société
Le professeur Nathan McClintock Photo : Dillon Mahmoudi

C’est donc seulement à la mi-août qu’il a enfin pu traverser la frontière au Québec, après un trajet de plus de 5 000 km en voiture à travers les États-Unis, pays où il est né et a grandi. Ce voyage n’était pas terminé pour autant. Pour respecter les règles sanitaires en vigueur, lui et sa famille se sont isolés pendant 14 jours dans un logement temporaire des Laurentides, avant de finalement s’installer à Montréal. Heureusement, de par ses collaborations professionnelles au fil des ans et ses intérêts personnels, le professeur McClintock connaissait déjà la ville : il y a même passé sa lune de miel !

C’est en pleine effervescence de la rentrée scolaire que ce professeur, à la feuille de route impressionnante, nous a accordé un peu de son temps pour nous parler de ses travaux et de ses intérêts de recherche. Au fil de la conversation, nous comprenons qu’il a fait beaucoup de chemin avant de se joindre à la communauté de l’INRS. Il a, entre autres, habité plus de deux ans au Mali et a travaillé en Colombie-Britannique, en Haïti, au Sénégal et au Bangladesh. Il a étudié dans différentes universités américaines et en France, avant d’obtenir un poste de professeur à la Portland State University (États-Unis), où il travaillait jusqu’à tout récemment.


Le développement des villes, la population et l’environnement

C’est l’ensemble de ces expériences qui ont mené le professeur McClintock, docteur en géographie de l’University of California (Berkeley), à porter ses intérêts de recherche sur les inégalités du développement des villes et leurs conséquences sur la population et l’environnement. Plus particulièrement, il consacre ses travaux à l’étude de la relation entre l’agriculture urbaine, l’économie politique urbaine et la justice sociale dans les villes d’Amérique du Nord. Ces dernières années, il s’est surtout intéressé à la manière dont ces relations sont liées aux manifestations de l’« embourgeoisement vert » (green gentrification).

« Ironiquement, j’ai découvert la ville, au sens large, et je suis devenu urbaniste grâce à l’agriculture. Plus je passais de temps sur le terrain, plus il devenait clair que les voies vers un système alimentaire plus juste et durable étaient rarement de nature technique, précise le professeur McClintock, qui a déjà ses habitudes au Centre UCS. Le plus souvent, il s’agit de questions sociales, empêtrées dans des structures de pouvoir qui, par l’entremise d’une série de facteurs interconnectés, servent d’intermédiaires : économie, politique, origine, classe, sexe et logique coloniale, entre autres. L’étude de l’agriculture urbaine m’a ouvert les yeux sur ces relations, sur les processus sociaux et matériaux qui façonnent l’espace et la vie urbaine. Mais c’est aussi un regard que je porte sur les mouvements sociaux ainsi que sur l’évolution économique et sociale des quartiers d’une ville. »

Nathan McClintock, professeur au Centre Urbanisation Culture Société
Un jardin urbain temporaire à Vancouver. Photo : Nathan McClintock

Pour ce passionné de la recherche, pas de temps mort à l’horizon. Au moment où paraîtra cet article, son trimestre d’automne sera bien entamé. Il enseigne déjà le Séminaire pluridisciplinaire sur la ville, offert conjointement par l’INRS et l’UQAM, et termine un projet sur l’agriculture urbaine résidentielle de la grande région montréalaise, en collaboration avec Thi Thanh Hien Pham, professeure à l’UQAM, et Éric Duchemin, directeur scientifique et formation au Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB) et au Carrefour de recherche, d’expertise et de transfert en agriculture urbaine du Québec (CRETAU). Nathan McClintock est également rédacteur pour la revue scientifique Urban Geography.

Au cours des prochaines années, il espère se pencher davantage sur les enchevêtrements historiques et contemporains de l’urbanisation, du capitalisme, de la racisation et du colonialisme de peuplement. « Les jardins urbains, en fin de compte, ont été ma porte d’entrée vers quelque chose de beaucoup plus large et de plus profond. Pour moi, ils sont une fenêtre à travers laquelle j’explore les géographies urbaines », conclut Nathan McClintock.

Bienvenue à l’INRS, professeur !



Intérêts de recherche du professeur McClintock

  • Politique et gouvernance environnementales urbaines
  • Agriculture urbaine, justice alimentaire et planification des systèmes alimentaires
  • Développement inégal, justice environnementale et embourgeoisement vert 
  • Urbanisation, capitalisme, racisation et colonialisme de peuplement

Les étudiantes et les étudiants intéressés à un domaine de recherche lié aux expertises du professeur McClintock peuvent le contacter par courriel : nathan.mcclintock@ucs.inrs.ca.


Programmes d’études en études urbaines