Se loger à Montréal quand on est réfugié

3 avril 2012

( mise à jour : 17 septembre 2020 )

 


Pénurie de logements abordables convenant aux familles avec enfants, logements insalubres et discrimination sont quelques-uns des faits saillants d’une enquête sur la situation résidentielle des personnes réfugiées à Montréal. Réalisée par la professeure Damaris Rose du Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS avec la collaboration de l’étudiante-chercheure Alexandra Charette, cette étude met en lumière la situation de logement des réfugiés et demandeurs d’asile montréalais. Trouver un logement représente un très grand défi pour ces nouveaux arrivants en raison de la faiblesse de leurs revenus et d’un accès au logement devenu plus difficile pour les ménages modestes dans le Grand Montréal. Par conséquent, la plupart des réfugiés doivent y consacrer entre 30 % et 75 % de leur revenu.

 

Des constats

Menée auprès de demandeurs d’asile, de réfugiés sélectionnés et d’immigrants économiques, cette enquête révèle qu’un grand pourcentage de répondants ont dû vivre dans des logements infestés ou ravagés par des moisissures. La discrimination constitue un autre problème important d’accès au logement. Il semble que les réfugiés sélectionnés sont plus vulnérables à la discrimination en raison de leur source de revenu alors que les demandeurs d’asile le sont davantage en raison de leur statut d’immigration.

 

Les exigences financières des propriétaires posent également des problèmes majeurs à un grand nombre de participants à notre enquête, peu importe le statut d’immigration. Ceux-ci ont donc adopté « différentes stratégies pour faire face aux obstacles à l’accès au logement et aux mauvaises conditions résidentielles. Certains ont privilégié le partage d’un logement avec d’autres réfugiés ou demandeurs d’asile, mais leurs expériences de colocation n’ont pas toujours été positives. D’autres s’entassent ou supportent des conditions inadéquates afin d’obtenir de bonnes références de leur propriétaire », précise la professeure Damaris Rose de l’INRS (photo).

 

Des recommandations

Parmi les recommandations formulées par les auteures de l’étude, on retrouve la nécessité de mieux informer les réfugiés sélectionnés avant leur arrivée au Canada, et de leur offrir un accompagnement plus personnalisé et de plus longue durée après leur arrivée. Les chercheures de l’INRS recommandent également de mieux protéger tous les nouveaux arrivants contre chacun des types de discrimination qu’ils sont susceptibles de rencontrer sur le marché du logement, d’adopter des mesures pour la remise en état ou le remplacement des immeubles locatifs à Montréal, et de bonifier l’offre des logements sociaux dont le loyer est déterminé en fonction du revenu disponible.

 

Une étude comparative pancanadienne

Cette recherche fait partie d’une vaste étude comparative sur la situation de logement des réfugiés et immigrants dans trois grandes villes canadiennes — Montréal, Toronto et Vancouver — qui accueillent la majorité des nouveaux arrivants au Canada, et à laquelle ont participé des équipes de chercheurs provenant des universités York, Colombie-Britannique et INRS. Une synthèse de l’étude de l’INRS peut être consultée ici (format PDF).

 

Ce projet a été réalisé dans le cadre du programme de recherche du Projet Metropolis, visant à mieux informer les décideurs politiques sur la question de l’intégration des immigrants. L’étude complète peut être consultée à cette adresse.