Suivre les effets du virus Zika sur le développement du cerveau

Publié par Par Sophie Laberge et Audrey-Maude Vézina

9 novembre 2020

( mise à jour : 16 novembre 2020 )

Dans le cadre de ses travaux de recherche, Laurent Chatel-Chaix, spécialiste en virologie moléculaire et professeur au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie de l’INRS, a élaboré un nouveau modèle animal permettant d’étudier l’incidence de l’infection par le virus Zika sur le développement du cerveau en temps réel.

Infection par le virus Zika sur le développement du cerveau. Illustration Adobe Stock


Le syndrome congénital Zika

Le virus, qui a occupé l’actualité médiatique en 2016, est encore bien présent dans certaines régions du monde, et aucun vaccin ni médicament ne peuvent prévenir ou traiter cette infection. Selon l’Agence de la santé publique du Canada, bien que la plupart des personnes atteintes se rétablissent sans présenter de complications à long terme, une infection par le virus Zika chez la femme enceinte peut poser des risques importants pour le bébé à naître, et ce, même si la mère ne présente aucun symptôme de l’infection. Cette maladie, connue sous le nom « syndrome congénital Zika (SCZ) », peut alors occasionner chez l’enfant de graves anomalies congénitales, telles qu’une tête anormalement petite (microcéphalie), des anomalies cérébrales ou une perte de la vue et de l’ouïe.

Le professeur Laurent Chatel-Chaix

Avec la collaboration étroite du professeur de l’INRS Kessen Patten, titulaire de la Chaire philanthropique Anne Sforza Djoukhadjian, le professeur Chatel-Chaix et l’étudiante au doctorat Aïssatou Aïcha Sow étudient le parcours et les effets de ce pathogène pendant le développement du cerveau, en travaillant avec le poisson-zèbre.

« Un des grands avantages de cette espèce est qu’elle est transparente. Il est donc plus simple d’observer les régions infectées du cerveau des larves de poisson par microscopie et d’étudier les effets du virus sur son développement et les différentes populations cellulaires, précise le chercheur. De plus, cette espèce de poisson a la particularité d’avoir un cerveau qui se développe en quelques jours seulement à l’état de larve. Ces caractéristiques physiologiques nous permettent d’obtenir rapidement des données sur la neuropathogenèse du virus Zika avec un grand nombre d’animaux, ce qui serait plus ardu avec des souris. »


Un soutien financier essentiel

Le professeur Chatel-Chaix, qui s’est démarqué par ses travaux, figure parmi les lauréats des subventions Azrieli futurs leaders canadiens de la recherche sur le cerveau 2019 de la Fondation Brain Canada. Cette dernière dévoilait cette semaine les noms de la vingtaine de jeunes chercheuses et chercheurs qui recevront un financement de 100 000 $.

« Ce programme appuie les chercheuses et les chercheurs en début de carrière à un moment décisif de leur cheminement en leur permettant d’explorer de nouvelles pistes de recherche et de recueillir des données. Ce faisant, ils pourront obtenir d’autres financements tout au long de leur carrière. Ce programme aide à former la relève en recherche sur le cerveau au Canada. »

Viviane Poupon, présidente et chef de la direction de la Fondation Brain Canada


La Fondation Brain Canada

La Fondation Brain Canada est un organisme à but non lucratif national qui appuie la recherche sur le cerveau en finançant des travaux novateurs capables de changer la donne. À ce titre, elle joue un rôle fédérateur unique et précieux auprès du milieu de la recherche sur le cerveau. La Fondation Brain Canada sait que la prévention, le diagnostic, le traitement et la guérison des troubles neurologiques dépendent d’une meilleure compréhension des rouages du cerveau afin d’améliorer le sort et la qualité de vie de la population canadienne.

Pour en savoir plus : Soutien majeur pour la santé cérébrale au Canada