Un nano-chou-fleur synthétisé par ablation laser

14 juin 2013

( mise à jour : 17 septembre 2020 )


En regardant par microscopie électronique le résultat de son expérience, Amel Tabet-Aoul ne s’attendait pas à y trouver… un chou-fleur. Pourtant, ses nanoparticules de platine-étain ressemblaient à ce légume à s’y méprendre. La chercheuse postdoctorante au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l’INRS, sous la direction du professeur Mohamed Mohamedi, une fois l’étonnement passé, a soumis une photo de ses nanoparticules au concours La preuve par l’image de l’Acfas. Retenue parmi les vingt finalistes, obtiendra-t-elle le prix du public ou encore celui du jury?

 

Évidemment, l’objectif des expériences d’Amel Tabet-Aoul n’était pas d’obtenir des répliques miniatures de chou-fleur. Elle espère plutôt que ses travaux permettront de développer des micropiles à combustible, fonctionnant à l’éthanol, pour alimenter les appareils électroniques portables. Des lasers ont pulvérisé partiellement et simultanément deux cibles – une de platine et l’autre d’étain – dont les poussières nanométriques ont formé les nanoparticules d’alliage platine-étain qu’on voit sur la photo. Le grand avantage de cette technique réside dans la possibilité de contrôler la composition, la taille et la structure des nanoparticules.

 

Mais qu’en est-il de ce surprenant motif de chou-fleur? « Nous ne connaissons pas le mécanisme par lequel ces structures sont formées, admet le professeur Mohamedi. Nous y travaillons avec des physiciens et nous pourrons bientôt apporter une réponse. » Pour l’instant, cette curiosité scientifique est soumise au vote du public durant le Festival Eurêka, du 14 au 16 juin, et en ligne, jusqu’au 23 août 2013. Les images seront exposées au kiosque de l’Acfas durant le Festival Eurêka, cette grande fête de la science, qui se tient au Vieux-Port de Montréal. Découvrez les 19 autres finalistes et votez pour votre coup de cœur! ♦

 

Légende la photo :

Surface d’un dépôt de nanoparticules de platine-étain obtenues par ablation laser à double faisceaux croisés. La photographie a été prise par microscope électronique, à une échelle de 100 micromètres, et colorée par la suite.

Crédits : Amel Tabet-Aoul et Mohamed Mohamedi