Une découverte en sédimentologie environnementale de l’INRS parmi les 10 découvertes de 2020 de Québec Science

7 janvier 2021 | Sophie Laberge

Mise à jour : 12 janvier 2021

Une découverte réalisée par des chercheurs de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) se hisse dans le palmarès des 10 découvertes de l’année 2020 du magazine Québec Science.

Le postdoctorant François Lapointe et le professeur Pierre Francus du Centre Eau Terre Environnement de l’INRS ont réussi à remonter le temps et à obtenir des données sur le climat des trois derniers millénaires, avec une précision inégalée, grâce à des sédiments au fond d’un lac de l’Arctique. Leur découverte a été retenue par le magazine Québec Science dans leur 28e édition des découvertes de l’année au Québec.

« C’est un très grand honneur de faire partie de cette impressionnante liste sélectionnée par Québec Science. Cette reconnaissance est une motivation de plus pour notre recherche sur les lacs de l’Arctique, souligne François Lapointe, maintenant chercheur postdoctoral à l’Université du Massachusetts. Déchiffrer le climat grâce à ces archives est un défi extrêmement stimulant, puisque ces dernières permettent d’extraire d’importantes pièces du casse-tête pour mieux comprendre le système climatique de la Terre. »

Cette découverte implique l’analyse chimique et granulométrique de varves par un protocole unique développé à l’INRS. Elle a permis de retracer année après année les couches printemps, riches en titane et en sédiments fins. Ces couches correspondent aux importantes fontes de neige qui ont lieu lorsque les eaux de l’Atlantique Nord sont froides.

L’étude a démontré que l’oscillation atlantique multidécennale (OAM) existe depuis 2900 ans, et que ce phénomène climatique influence une bonne partie du climat de l’Arctique canadien et du Groenland. Un résultat éloquent : les températures actuelles de l’Atlantique sont les plus chaudes depuis trois millénaires.

« Ces données constituent la plus longue reconstitution de l’OAM et permettront aux climatologues d’intégrer l’influence des températures de l’Atlantique et les interactions océan-atmosphère pour générer de meilleures prédictions climatiques. Jusqu’à présent, les mesures de la température des eaux de surface remontaient seulement à une centaine d’années », précise le professeur Pierre Francus.

Les travaux entourant cette découverte ont été publiés le 12 octobre 2020 dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, sous le titre « Annually resolved Atlantic sea surface temperature variability over the past 2,900 y ». Des collègues québécois Arnaud De Coninck, Thibault Labarre et Guillaume St-Onge, de l’Université du Québec à Rimouski, ainsi que des chercheurs des États-Unis ont également participé aux travaux menant à cette découverte.

Consultez l’article Climat : la mémoire d’un lac arctique (par Joël Leblanc, Québec Science, janvier 2021).

Pour en savoir plus sur les travaux du professeur Francus : Le climat de l’Arctique au rythme des cycles de température de l’Atlantique