Chaire de recherche sur les aspects sociaux du don de sang

La Chaire de recherche sur les aspects sociaux du don de sang a été créée en janvier 2009, à la suite de la signature d’une convention entre Héma-Québec et l’INRS. Héma-Québec s’est engagé à financer la réalisation d’une importante programmation de recherche dans ce domaine, pour une période de cinq ans.

Titulaire

Johanne Charbonneau, professeure


Mise en contexte

En 2010, la Fondation Héma-Québec a offert une contribution financière supplémentaire, qui a permis d’ajouter deux nouveaux projets de recherche dans la programmation. L’équipe a aussi obtenu une subvention dans le cadre du concours Subventions ordinaires du CRSHC, pour la période 2010-2013. Les travaux de la Chaire se sont terminés au 31 décembre 2017.

« Héma-Québec a pour mission de fournir des composants et substituts sanguins, des tissus humains et du sang de cordon sécuritaires, de qualité optimale et en quantité suffisante pour répondre aux besoins de la population québécoise » (Rapport annuel 2006-2007). La nécessité de compter sur un approvisionnement continu et à long terme constitue un des enjeux principaux liés à cette mission. Cet enjeu n’est pas anodin : les « produits » fournis par Héma-Québec ne peuvent être rendus disponibles qu’à la condition que les citoyens acceptent bénévolement de les fournir. La situation actuelle paraît a priori assez favorable puisque Héma-Québec est l’un des organismes qui accomplit ce type de mission avec le plus de succès en Amérique du Nord. Ce constat ne constitue cependant pas une garantie d’un approvisionnement à long terme puisque celui-ci ne peut s’accomplir qu’à la condition de susciter constamment de nouvelles vocations de donneur parmi la population.

Dans cette perspective, une meilleure connaissance de l’ensemble des dynamiques sociales associées au don de sang devient nécessaire. Une revue de la documentation sur les aspects sociaux du don de sang, réalisée au cours de l’hiver 2008, a permis de constater l’absence de travaux de recherche dans plusieurs domaines jugés de première importance par Héma-Québec. La programmation de recherche de la première phase de la Chaire (2009-2014) a permis la réalisation de sept projets de recherche. En 2012, la Chaire de recherche a obtenu une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada pour la réalisation de l’atelier international Le don de sang : une réflexion sur l’altruisme, la solidarité et la gestion des risques. En 2014, s’est amorcée une deuxième phase de recherche.

Bilan

Pour les projets de la première phase, 384 entrevues ont été réalisées, entre l’hiver 2009 et l’automne 2011. Nous avons réalisé 44 entretiens auprès d’employés d’Héma-Québec. Quarante-huit bénévoles, 46 représentants d’organismes ethniques, dont certains sont partenaires dans les collectes (et donneurs de sang) et d’autres qui ne le sont pas, ainsi que 31 jeunes militants engagés dans différentes causes ont aussi participé à nos enquêtes par entretiens. Cent-trente-six donneurs de sang réguliers, 49 anciens donneurs et 56 non-donneurs ont aussi pu exprimer leur point de vue dans les enquêtes. Soixante-seize parents qui avaient donné du sang à une collecte scolaire ont participé à une enquête par questionnaires. Dans le cadre de cette même enquête, portant sur l’évaluation de trousses de sensibilisation au don de sang dans les écoles primaires et secondaires, 68 responsables pédagogiques ont aussi rempli un questionnaire. Nous avons aussi réalisé 14 activités d’observation dans ces écoles. Dans cette même enquête, des analyses statistiques ont été réalisées à partir des données provenant de la base Progesa sur 2545 donneurs inscrits et 1810 donneurs prélevés. Les compilations statistiques qui ont servi aux analyses de la géographie du don de sang s’appuient sur cette même base de données sur les donneurs de sang, à laquelle Héma-Québec nous a donné accès. Le profil de 426 247 donneurs (2003-2008) a ainsi été utilisé dans ces analyses.

Production liée aux 7 premiers projets de la Chaire

  • Présentation des résultats de recherche chez Héma-Québec (10)
  • Rapports de recherche remis à Héma-Québec (7)
  • Livre (13 chapitres rédigés par l’équipe) et livres collectifs (3)
  • Articles scientifiques (10)
  • Numéro spécial de revue (1)
  • Chapitres de livres (3)
  • Conférences/posters dans des congrès et colloques scientifiques ou professionnels (21)
  • Autres conférences (9)
  • Formation des gestionnaires de première ligne sur la diversité ethnoculturelle (72 participants) Héma-Québec (1)
  • Atelier international de recherche (30 participants) INRS (1)
  • Organisation de conférences (3)
  • Essais et mémoires (3)
  • Articles dans les médias (5)

Le projet sur la pratique du don de sang dans le parcours de vie a donné lieu à la réalisation d’une enquête postale par questionnaires. 1877 questionnaires ont été reçus et considérés admissibles pour l’analyse. Les répondants se divisent de la façon suivante : 795 donneurs réguliers de sang total, 473 donneurs par aphérèse et 609 donneurs ayant abandonné leur pratique depuis 5 ans. Pour le projet sur les motivations et la pratiques de don de sang chez les donneurs de sang par aphérèse (plasma et plaquettes), 50 donneurs par aphérèse des régions de Montréal, Québec et Trois-Rivières ont été rencontrés dans le cadre d’une enquête par entretiens. Finalement, pour le projet sur les itinéraires des donneurs, des enquêtes ont été réalisées directement sur le site de 18 collectes fixes ou mobiles dans la région de Montréal. 216 donneurs ont participé à cette enquête tenue entre janvier et mars 2015.

Production pour les projets de recherche

  • Présentation des résultats de recherche chez Héma-Québec (3)
  • Articles scientifiques (5)
  • Chapitre de livres (1)

Projets de recherche

1 . Le rôle du bénévolat dans les collectes de sang au Québec

Ce projet de recherche vise à documenter le rôle du bénévolat dans l’organisation des collectes de sang au Québec. Les principaux objectifs du projet sont les suivants :

  • faire l’historique des choix institutionnels qui ont conduit à cette organisation spécifique;
  • décrire les différents types de bénévolat associés à l’organisation du don de sang ;
  • décrire les types de partenaires avec qui Héma-Québec collabore pour les collectes et l’évolution des collaborations au fil des ans ;
  • comprendre les motivations des partenaires et des bénévoles ;
  • en tirer des conclusions en vue d’inciter la participation de nouveaux partenaires et d’améliorer l’organisation future des collectes.

Les aspects institutionnels du don de sang sont souvent méconnus. Peu de chercheurs ont centré leurs analyses sur la description des systèmes de collecte et de transfusion. Au Québec, le système de collecte de dons repose sur la collaboration bénévole des associations, des entreprises et des institutions locales. Héma-Québec est en lien avec 1500 comités provenant du milieu communautaire, des clubs sociaux et des services municipaux. Avec l’appui logistique d’un conseiller d’Héma-Québec, les bénévoles œuvrant dans ces groupes participent à l’organisation de plus de 2000 collectes par année. Le choix d’effectuer les collectes sur des sites fixes ou mobiles dicte en bonne partie la manière dont se dérouleront les collectes et la possibilité qu’y participent ou non d’autres acteurs de la société civile. La gestion des équipements et la collecte de sang elle-même demeurent en tout temps sous la responsabilité des autorités responsables, mais lorsque les collectes se font surtout en sites mobiles, comme c’est le cas au Québec, il devient nécessaire de faire appel aux ressources du milieu pour l’organisation des activités entourant la collecte. Au cours des dernières années, plusieurs inquiétudes ont surgi à propos de la relève dans les comités organisateurs des collectes. Or, comme il a été mentionné, ces bénévoles sont essentiels au bon déroulement des collectes, mais aussi au recrutement des donneurs. Il faut donc pouvoir réfléchir aux meilleures stratégies afin de comprendre les motivations des bénévoles à s’impliquer au sein de leurs organismes ou clubs sociaux et de réfléchir aux pistes éventuelles de développement de nouveaux partenariats. Ce projet de recherche repose sur une méthodologie qui a combiné recherche dans les archives (Société canadienne de la Croix-Rouge et Héma-Québec) et enquête par entretiens. 64 entretiens semi-structurés d’une durée de deux heures ont été réalisés avec dix-neuf employés d’HémaQuébec liés à l’organisation des collectes et quarante-huit bénévoles engagés dans la cause du sang

2. Le don de sang dans les communautés ethnoculturelles

Ce projet de recherche visait à étudier les aspects symboliques et pratiques du don de sang dans diverses communautés ethnoculturelles de la région de Montréal. Selon la documentation consultée, les personnes issues de minorités ethnoculturelles seraient plus sensibles à des motivations externes (bilan de santé, petits cadeaux), moins satisfaites de leur expérience de don et plus critiques à l’égard des conditions d’accueil dans les centres de collecte de sang. Il semble, de plus, que les personnes issues de communautés ethnoculturelles ne se sentiraient pas suffisamment intégrées dans leur pays d’accueil pour ressentir le besoin de participer à une activité « citoyenne » de ce type. En général, les agences ne feraient pas suffisamment d’efforts pour attirer cette clientèle. Les travaux réalisés dans les pays non occidentaux nous informent de leur côté que, dans ces pays, le don de sang est le plus souvent un don de remplacement, qui circule au sein de la famille ou entre amis. Lorsque ce type de don est insuffisant, on fait plus souvent appel à du sang provenant de dons rémunérés. Dans plusieurs pays non occidentaux, subsistent d’importants problèmes de fiabilité des produits sanguins et de méfiance à l’égard des hôpitaux.

En général, même si des travaux de recherche sont réalisés dans d’autres pays, cela pose la question de la capacité de transférer ces résultats dans le contexte québécois et canadien. Par exemple, les groupes de référence retenus dans les enquêtes américaines ne sont pas nécessairement les plus pertinents pour le Québec. On sait que les résultats des analyses qui portent sur des questions culturelles et qui combinent des considérations sociales, économiques et politiques sont toujours difficiles à transférer tels quels. La documentation consultée fournit quelques questions que nous avons explorées dans nos enquêtes :

  1. Sur le sens symbolique du don de sang : est-ce que l’interdiction de donner à des étrangers est répandue parmi plusieurs groupes ethnoculturels différents? Est-ce que le seul don qui puisse être envisagé demeure le don entre apparentés ou entre proches? Le don de sang est-il considéré comme un geste altruiste significatif dans certaines communautés?
  2. Sur les aspects pratiques du don de sang dans les pays d’origine : est-ce que lorsqu’elles migrent vers l’Occident, les personnes nées dans des pays qui posent des problèmes en matière de sécurité des produits sanguins et des installations sanitaires, continuent d’être méfiantes envers les hôpitaux et les produits sanguins ? Est-ce que les immigrants s’attendent à une rémunération pour donner du sang à des étrangers ? Est-ce que plusieurs d’entre eux subissent des restrictions à donner du sang à cause des pays d’où ils sont originaires ?
  3. Sur leur rapport à leur pays d’accueil : y a-t-il un lien à faire entre le sentiment d’appartenance à une communauté et la motivation à donner du sang ?
  4. Sur leurs motivations et leurs pratiques de don de sang : quels recoupements peut-on faire entre la variable de l’origine ethnoculturelle et les autres variables telles que le genre, l’âge ou la classe sociale ? Est-ce que les jeunes qui sont nés au Québec de parents issus de l’immigration donnent davantage leur sang que leurs parents ? Et, si c’est le cas, est-ce qu’ils incitent parfois leurs parents à le faire ?
  5. Sur le rôle d’Héma-Québec : quelles sont les stratégies qui ont été déployées jusqu’à présent pour rejoindre les communautés ethnoculturelles ? Y a-t-il des exemples de travail de recrutement en collaboration avec des associations ethnoculturelles ? Avec quels types d’associations est-il plus facile ou plus difficile de collaborer ? Y a-t-il des groupes ethnoculturels qui sont plus difficiles à joindre à travers les associations locales ? Y a-t-il des bénévoles qui sont issus des communautés ethnoculturelles ? Quels défis spécifiques l’accueil des donneurs potentiels issus de ces communautés pose-t-il pour la collecte ?

Pour répondre à ces questions, l’équipe a réalisé 84 entrevues semi-structurées qui se répartissent comme suit :

  • 6 avec des représentants d’Héma-Québec, associés aux collectes réalisées en partenariats avec des associations ethnoculturelles;
  • 32 avec des donneurs de sang issus de différentes communautés/origines : Chine, Vietnam, Caraïbes, Amérique latine (Chili, Colombie, Guatemala, Venezuela), MoyenOrient, Afrique noire) et religions (chrétienne, musulmane, juive et bouddhiste) – recrutés à partir de la base Progesa d’Héma-Québec;
  • 46 avec des leaders des communautés ethnoculturelles de la région de Montréal (dont 9 organismes partenaires d’Héma-Québec)

De plus, cinq activités d’observation de collectes de sang effectuées en partenariat avec des associations ethnoculturelles ont aussi été réalisées par l’équipe.

Le projet de recherche a été réalisé sur deux ans (2009-2011) et a donné rapidement lieu à une importante diffusion scientifique, car il s’agit d’un enjeu partagé par plusieurs organisations responsables de l’approvisionnement en produits sanguins dans les pays occidentaux. En juin 2013, Johanne Charbonneau a d’ailleurs été invitée à donner une conférence sur la gestion de la diversité ethnoculturelle au Québec en lien avec le don de sang lors de la Journée mondiale des donneurs de sang à l’Unesco, à Paris.

En 2012, alors que l’équipe préparait des textes synthèses sur les résultats de la recherche, Sylvie Daigneault, directrice du Service de marketing et des affaires internationales, a pris l’initiative de contacter l’équipe pour développer une meilleure diffusion des résultats au sein d’Héma-Québec. Après plusieurs mois de discussions, il a été décidé de préparer une formation sur la diversité ethnoculturelle pour les gestionnaires de première ligne afin de les aider à mieux planifier le recrutement des donneurs issus de ces communautés et à mieux encadrer les situations complexes de relations interculturelles sur les collectes. À l’automne 2013, six ateliers de formation ont été tenus à Montréal (55 participants) et un à Québec (17 participants). Soixante-douze gestionnaires ont participé à cette formation. Un important matériel complémentaire à la formation, comprenant de la documentation et des outils pratiques, a aussi été mis à la disposition de ces gestionnaires. À l’hiver 2014, le Service des ressources humaines d’Héma-Québec a développé sa propre formation sur la diversité ethnoculturelle qui sera offerte à l’ensemble du personnel en réutilisant celle qui a été développée par notre équipe.

3. Jeunes, altruisme et don de sang

Ce projet de recherche visait à :

  • mieux comprendre l’insertion potentielle de la pratique de don de sang dans la vie quotidienne des jeunes;
  • analyser la concurrence possible d’autres activités altruistes dans la vie des jeunes qui ont des pratiques d’engagement civique.

Les chercheurs rappellent que la plupart des dons sont réalisés par un très petit nombre de donneurs réguliers. Aux États-Unis, la moyenne d’âge de ces donneurs serait entre 38 et 42 ans pour les femmes et entre 41 et 45 ans pour les hommes. Une très forte proportion des recherches recensées analyse les motivations ou les intentions de donner du sang chez les jeunes précisément parce que c’est de ce côté qu’on peut espérer la formation d’une relève chez les donneurs. Plusieurs enquêtes sont d’ailleurs réalisées sur les campus universitaires.

Lorsqu’elle est observée, l’augmentation du don de sang chez les jeunes ne se traduit pas nécessairement par le développement d’une carrière de donneur. Les jeunes seraient très sensibles aux anticipations de peur et de douleur liées à l’expérience du don de sang et vivraient plus difficilement l’exclusion du don de sang, qu’ils perçoivent comme une atteinte à leur identité en gestation. Les raisons qui les amènent à donner du sang seraient plus liées à des pressions sociales externes ou à des promesses de récompense, qui seraient des motivations moins « efficaces » que l’altruisme pour développer une carrière de donneur. Des facteurs reliés au mode de vie des jeunes font aussi en sorte qu’il est difficile de les recruter et de les garder comme donneurs de sang. En l’occurrence, les jeunes déménagent plus souvent que les personnes plus âgées et sont également plus souvent refusés pour avoir consommé de la marijuana ou bien encore parce qu’ils ont des perçages. Une fois qu’ils ont fait un premier don de sang, plusieurs délaissent la pratique, pas forcément par déception mais par perte d’intérêt, ou par indifférence pour ce qui n’est pas nouveau.

Si ces hypothèses peuvent être intéressantes à explorer, il faudrait aussi tenir compte des modes de vie différenciés des jeunes dans les divers pays. Au Québec, les jeunes ont fréquemment un mode de vie qui les conduit à combiner le travail et les études. Ce sont alors leurs temps libres qui en subissent les conséquences. Dans la documentation sur le don de sang, aucune enquête ne semble s’être intéressée au mode de vie des jeunes d’aujourd’hui, pour explorer la possibilité que leur absence d’intérêt pour le don de sang soit simplement liée à la concurrence d’autres activités dans leur vie quotidienne. En fait, peu de travaux tentent de mieux comprendre comment la décision de s’engager dans un premier don de sang et l’acte même de donner du sang, s’insèrent dans les activités de la vie quotidienne des donneurs. De plus, peu de chercheurs se sont intéressés à étudier la convergence ou la concurrence possible entre le don de sang et d’autres activités altruistes. Les chercheurs font souvent l’hypothèse d’un lien positif entre la pratique d’activités bénévoles et le don de sang. Mais si le temps libre devient plus restreint, il devient pertinent de se questionner sur la possible concurrence entre des activités altruistes différentes. Les recherches sur l’engagement des jeunes montrent qu’ils sont toujours nombreux à vouloir défendre des causes humanitaires ou environnementales. Ce constat peut suggérer que les jeunes pourraient préférer s’engager dans des pratiques altruistes qui répondent davantage à leurs intérêts et qui sont moins associées à une expérience douloureuse.

Pour atteindre nos objectifs de recherche, nous avons réalisé une enquête auprès de 61 jeunes : jeunes militants (31) et jeunes donneurs de sang (30). Les jeunes donneurs ont été recrutés à partir de la base Progesa d’Héma-Québec. Les entrevues auprès des jeunes donneurs ont permis de reconstruire le parcours qui a conduit à leur premier don et de documenter l’insertion de l’activité du don de sang dans leur vie quotidienne et de compléter. Nous avons choisi de contraster les types de donneurs; a) des donneurs qui se sont engagés dans une pratique régulière depuis au moins 3 ans; b) des donneurs qui ont abandonné après au plus deux dons. Nous avons aussi recruté des jeunes qui militent pour des causes humanitaires ou environnementales ou qui font du bénévolat. Comme pour les jeunes donneurs de sang, les entrevues visent à recueillir de l’information qui permettra de reconstruire les parcours individuels d’engagement. Nous avons ainsi pu les comparer avec ceux des jeunes donneurs et comprendre ce qui différencie et ce qui est semblable dans les deux types de comportements altruistes. Nous avons aussi abordé, avec les deux groupes de jeunes, différentes thématiques sur l’histoire familiale d’engagement et de don de sang, le sens de l’engagement, la perception du don de sang et la motivation possible à en donner. L’enquête a été effectuée dans quatre régions du Québec : Montréal, Québec, Rimouski et la région de Victoriaville (MRC de L’Érable et Arthabaska).

4. Famille, altruisme et don de sang

Ce projet s’intéresse à la transmission intergénérationnelle des valeurs et des pratiques altruistes liées au don de sang. Nous avons voulu répondre à deux questions:

  • Quel rôle joue la famille dans la transmission des valeurs et pratiques d’altruisme ? ;
  • Par quels processus, ces valeurs et pratiques transmises/héritées mènent-elles au don de sang ?

Au Canada, le système de collectes du sang a été développé sur le modèle du don gratuit et volontaire. À chaque génération, de nouvelles vocations de donneur de sang doivent se révéler. Comment se distinguent donneurs de sang et non-donneurs ? Les donneurs potentiels seraient plus motivés par l’altruisme dans leurs comportements que les non-donneurs, perçus comme plus égoïstes. Altruisme et don de sang seraient donc étroitement liés. Mais comment s’acquièrent ces valeurs et pratiques ? La recherche dans le domaine du don de sang est peu explicite à ce sujet et elle utilise rarement une approche sociologique pour étudier l’expérience des premiers dons. Et si ce sont bien des personnes plus altruistes qui donnent leur sang, on ne sait pas comment elles le sont devenues. C’est ce que nous avons voulu étudier, en partant du postulat que les pratiques sociales, tel que le don de sang, se développent en référence à des valeurs acquises et des pratiques transmises/héritées dans la famille.

Selon l’enquête sur le don, le bénévolat et la participation (Statistique Canada 2009) 58 % des bénévoles ont des parents qui ont aussi fait du bénévolat. Comment s’établit le lien, d’une génération à l’autre ? Le processus de transmission de l’altruisme peut être direct ou indirect, impliquer des pratiques concrètes et/ou les valeurs pro-sociales qui y sont associées. La première forme directe de transmission, et la plus souvent démontrée empiriquement, est l’imitation (modeling). Selon la social-learning theory (Bandura 1977), les enfants imitent les pratiques altruistes de leurs parents. Le font-ils pour recevoir leur approbation ou finissent-ils par intérioriser l’idée que le sacrifice pour un plus grand bien est une valeur fondamentale dans leur famille ? Parmi les processus directs de transmission, il y a aussi les discussions entre parents et enfants sur les pratiques et valeurs altruistes. Il existe une forme indirecte de transmission axée sur la pratique : celle où les parents incitent leurs enfants à participer à la vie communautaire où œuvrent des bénévoles (scouts, clubs de loisirs, de sports, etc.). Les valeurs altruistes peuvent aussi s’acquérir quand des gens sont placés dans des contextes où se pratique le bénévolat. Plusieurs effets peuvent en découler : le développement du sens de l’appartenance à la collectivité, la création d’un réseau personnel, l’observation directe de l’importance des bénévoles dans la vie collective, qui deviennent eux-mêmes des agents socialisateurs aux valeurs altruistes, voire des recruteurs potentiels pour des activités bénévoles. Et en reconnaissance du rôle que les bénévoles jouent déjà dans leur vie (théorie du don de Mauss) ou simplement, par sentiment d’obligation morale, les jeunes recrutés dans ces milieux où ils fréquentent des bénévoles, pourraient alors assurer la continuité dans la chaîne des générations de bénévoles. Les processus de transmission indirecte des valeurs font le plus souvent référence au statut ou à d’autres déterminants sociaux; le lien entre niveau de scolarité, revenu du ménage et pratique bénévole a été confirmé empiriquement. Différents déterminants sociaux (classe sociale, scolarité, ethnie, etc.) peuvent aussi prédisposer l’individu à développer ou non des pratiques altruistes. La pratique religieuse, et la transmission intergénérationnelle de cette pratique, sont aussi fréquemment associées au développement de valeurs altruistes chez les jeunes.

Ces propositions ne conçoivent la transmission des pratiques et valeurs altruistes que dans un sens : des aînés vers les plus jeunes. Les jeunes (héritiers) peuvent aussi jouent un rôle actif dans la transmission intergénérationnelle et socialiser leurs parents, par un processus de transmission à rebours. Alors que les jeunes peuvent être initiés au don de sang dans le cadre scolaire et choisir ensuite de devenir donneurs de sang dès qu’ils atteignent l’âge adulte, est-il possible qu’ils influencent ainsi leurs parents et les incitent à leur tour à donner du sang ? Note projet visait à savoir si les modes de transmission pouvaient être actifs en lien avec le don de sang : 1) Imitation. Est-ce que les parents amènent leurs enfants lorsqu’ils donnent du sang ? Quel rôle joue la famille lors du premier don de sang des jeunes ? D’autres pratiques altruistes familiales ont-elles joué un rôle? ; 2) Encouragement des parents à la participation à des activités où œuvrent des bénévoles (clubs de sport ou de loisirs). D’autres « agents socialisateurs ou recruteurs » que la famille sont-ilsintervenus en faveur du don de sang ? ; 3) Reconnaissance pour une transfusion de sang offerte à un proche. Le premier don de sang a-t-il été motivé par un don reçu, une hypothèse peu citée pour d’autres pratiques altruistes ?

Notre enquête, par entretiens semi-dirigés, s’est définie en référence à trois cas de figure : parents donneurs/enfants donneurs (2X10), parents donneurs/enfants non donneurs (2X8), enfants donneurs/parents non donneurs (2X8). Les participants à l’enquête ont été recrutés à partir de la base de données Progesa d’Héma-Québec.

5. Une enquête comparative du don de sang selon les milieux de vie

Ce projet avait pour objectif de mieux comprendre les variations importantes observées en termes de volume de dons de sang collecté chaque année dans les régions du Québec. Il visait à mettre à l’épreuve les thèses classiques sur les différences de comportements en milieu rural et urbain, par l’utilisation d’un cadre d’analyse, inspiré de la géographie de la santé, qui conduit à considérer le don de sang comme un comportement de santé.

L’étude sur la géographie du don de sang (Apparicio, Charbonneau et Dussault, 2009) a montré que la proportion de donneurs de sang présente des variations importantes selon les régions du Québec. Pourtant, peu de recherches se sont intéressées à l’influence du milieu, bien que la documentation fasse souvent référence à l’existence de différences de comportements à l’égard du don de sang entre les régions urbaines et les régions rurales. Selon les thèses classiques, ces différences s’expliqueraient par la plus grande valorisation du sens de la communauté ou l’importance des solidarités locales dans les régions rurales. Dans le contexte actuel où la population réside davantage dans les zones périphériques des grandes villes, est-ce que la dichotomie « rurale/urbaine » est encore pertinente? Les banlieusards se comportent-ils comme des ruraux ou comme des urbains? Et que penser des personnes qui migrent d’un type de région à l’autre ? Nous avons choisi d’étudier le don de sang en tant que comportement de santé au niveau individuel, à travers une approche géographique qui s’intéresse aux liens entre l’espace habité par la population et la santé de cette même population. Cette approche insiste sur les relations qui existent entre les lieux où l’on vit et les choix individuels que nous faisons (par rapport à la santé en particulier) : il existerait dans un espace donné et pour une problématique de santé choisie, un certain effet de contexte qui agit sur notre santé et nos comportements de santé audelà de l’effet provenant de la simple « somme » des caractéristiques (physiques et sociales) des individus (effet de composition). Ce projet de recherche a permis de poser et de vérifier certaines hypothèses en raison du caractère unique du don de sang : un comportement de santé pour autrui.

Certains résultats exploratoires de l’étude réalisée par Apparicio et al. (2009) sur la géographie du don de sang démontraient déjà un effet de milieu sur le don de sang. En effet, lorsque les différents profils sociodémographiques sont comparés en fonction du nombre moyen de dons annuel par 1000 habitants, certaines régions types se démarquent. Par exemple, les villes moyennes avec une structure par âge « jeune » et les MRC urbaines autres que Montréal performent très bien alors que la quasi-totalité des profils rattachés aux régions rurales ne se démarquent pas en termes de dons annuels par 1000 habitants. Ce dernier résultat contredit l’effet « rural » mentionné dans la documentation classique. Le rapport n’observe cet effet que dans la classe MRC des régions périphériques, qui obtient un nombre très élevé de dons par 1000 habitants malgré l’éloignement. Il n’est pas possible, dans le cadre de ce projet, de faire une enquête qui comparera tous les types de milieux. Nous avons donc réalisé une sélection de régions qui permettait d’obtenir des résultats contrastés. Nous avons recruté, dans tous les milieux, des donneurs réguliers et des personnes qui avaient déjà fait un don de sang, mais avaient cessé depuis quelques années déjà. À partir d’une expérience commune à tous (au moins un don de sang), nous avons cherché à savoir si les effets de contexte ont pu influencer le comportement de ces personnes dans leur expérience de don de sang ou dans le fait d’avoir choisi de cesser de donner de sang. Les personnes ont été recrutées à partir de la base Progesa. Cinquante-sept personnes ont finalement participé à cette enquête : 23 du milieu urbain, 18 du milieu rural et 16 de la banlieue.

6. L’impact de l’utilisation des trousses pédagogiques sur le don de sang en milieu scolaire

En 2009, Héma-Québec a terminé l’élaboration d’une trousse pédagogique qui vise à sensibiliser les jeunes écoliers des niveaux primaire et secondaire au don de sang. Héma-Québec et d’autres agences responsables des collectes de sang collaborent depuis longtemps avec les milieux scolaires afin de recruter des bénévoles qui peuvent organiser des collectes ou qui peuvent contribuer à des collectes organisées par d’autres organismes de leur région, ce qui permet, entre autres, de dynamiser les comités locaux vieillissants.

La trousse comprend deux volets : sensibilisation et organisation d’une collecte. Bien entendu, aucune personne ne peut donner de sang avant l’âge adulte. Mais si une classe décide d’organiser une collecte, ce sont les adultes de l’entourage qui viendront donner du sang : la famille, les voisins, les amis, le personnel de l’école. L’effort investi par Héma-Québec pour développer ces trousses en vaut-il la peine ? Ce projet de recherche visait à suivre l’utilisation de la trousse par les écoles et à évaluer l’impact de son implantation. Les objectifs du projet étaient:

  1. Documenter le processus de déploiement de la trousse par Héma-Québec;
  2. Documenter l’utilisation qui en est faite par les écoles pour les différents volets;
  3. Documenter l’appropriation du projet par les écoles et les enseignants à moyen terme;
  4. Mesurer la satisfaction des utilisateurs à l’égard de l’outil et de ses différents volets (les écoles, les enseignants et les autres participants impliqués dans les volets);
  5. Mesurer l’impact à court terme et à moyen terme de cette initiative.

Le processus de recherche a donné lieu à de nombreuses activités de recherche complémentaires : compilation de données pour le suivi du déploiement, enquête par questionnaires auprès des utilisateurs, observations dans les classes et sur les collectes de sang, enquête par questionnaire auprès des parents qui ont donné du sang à la collecte organisée à l’école de leur enfant et, finalement, analyse statistique du suivi des donneurs, à partir de la base Progesa sur les donneurs de sang.

7 . L’usage du temps et les pratiques de don de sang dans le parcours de vie

Ce projet de recherche visait à mieux comprendre comment l’acte même de donner du sang, s’insère dans la vie quotidienne des donneurs et comment la transformation des activités de la vie quotidienne, au fil du parcours de vie, peut influencer la carrière des donneurs. Les observations des chercheurs à l’effet que les femmes sont moins nombreuses à devenir des donneuses de sang de « carrière », malgré le fait qu’elles sont plus motivées et plus satisfaites que les hommes au premier don ont conduit à suggérer l’hypothèse que d’autres activités de la vie quotidienne pouvaient les tenir trop occupées.

Ce projet visait d’abord à approfondir l’analyse autour de la temporalité du don de sang, amorcée dans les projets précédents. L’idée était d’étudier l’usage du temps des donneurs de sang adultes et de comparer le parcours des donneurs persévérants et des donneurs qui ont abandonné leur pratique. Considérant que les difficultés de conciliation entre les différentes activités de la vie quotidienne concernent particulièrement les femmes d’âge moyen qui sont nombreuses à abandonner la pratique, Il a donc été décidé de suréchantillonner ce groupe dans l’enquête (50/50). En 2014, après discussion avec les représentants d’Héma-Québec, il a aussi été décidé d’ajouter un nouveau groupe : les donneurs de sang par aphérèse. L’échantillon visé était de 500 donneurs actifs de sang total, de 250 donneurs inactifs (depuis 5 ans) et de 250 donneurs par aphérèse. 7000 questionnaires postaux auto-administrés ont été envoyés à partir du mois d’avril 2014. 1877 questionnaires reçus ont été jugés admissibles : 795 donneurs de sang total (40%), 609 donneurs inactifs (15%) et 473 donneurs de sang par aphérèse (475). Profitant de la réalisation de cette enquête par questionnaire, l’équipe a décidé d’ajouter un premier volet sur les motivations des donneurs.

8. La géographie du don de sang, phase I et II

Phase I Cette étude visait à produire un portrait géo-démographique du don de sang au Québec. Jusqu’à ce moment, hormis l’étude de géomarketing réalisée pour Héma-Québec en 2006, aucune autre recherche n’avait présenté un portrait géographique de la distribution des donneurs de sang par région au Québec. À l’échelle internationale, selon la documentation consultée, il ne semblait pas non plus exister de telles recherches permettant de faire le portrait géographique des donneurs de sang. Le projet a permis de repérer les zones géographiques québécoises comprenant le plus de donneurs, et ce, pour différents découpages géographiques (MRC et municipalités pour l’ensemble du Québec, municipalités et quartiers pour la région métropolitaine de Montréal). La description a cependant été plus systématique, en particulier pour la région de Montréal. Elle est donc allée au-delà de la présentation des grandes tendances et a, depuis pu servir de document de référence pour plusieurs projets où la variable spatiale est apparu déterminante. La démarche proposée a aussi permis de réaliser un exercice de qualification plus détaillé des zones en référence à chacune des caractéristiques des donneurs (âge, sexe, langue, nombre, fréquence et types de dons) et non en utilisant des regroupements-types synthèses prédéfinis. Finalement, l’étude a permis de croiser l’information sur les profils des donneurs avec certaines caractéristiques des milieux de vie à partir des données socioéconomiques et sociodémographiques issues du recensement canadien de 2006.

Au-delà d’une description géographique systématique de la répartition du don de sang, ce projet a permis d’explorer certaines pistes d’analyse sur l’importance de la distance géographique au lieu de collecte ou sur l’influence des caractéristiques du milieu ou des sites de collecte sur la décision de donner du sang. Pour réaliser cette étude, l’équipe a fait appel à la base de données Progesa d’Héma-Québec.

En complément de ce travail, l’équipe a réalisé une étude visant à repérer des quartiers résidentiels multiethniques sur l’île de Montréal dont le potentiel en nombre de donneurs peut être jugé suffisamment élevé pour permettre d’en faire une sélection en vue de la réalisation de l’enquête sur le don de sang dans les communautés ethnoculturelles.

Phase II Le portrait de la géographie du don de sang, réalisé en 2008, ne permettait pas d’identifier les facteurs pouvant expliquer les disparités régionales dans les nombres et les ratios de don. Le 2e projet avait pour objectif de continuer de documenter la répartition spatiale du don de sang au Québec à partir de modélisations statistiques intégrant la dimension géographique. De façon spécifique, l’analyse des résultats de ces modèles visait à répondre aux questions suivantes :

  • Quelles sont les caractéristiques individuelles qui influencent la fréquence des dons de sang des donneurs ?;
  • Quelles sont les caractéristiques contextuelles qui influencent la fréquence des dons de sang des donneurs ?;
  • Quels sont les profils démographiques des non-donneurs et des différents types de donneurs (donneurs occasionnels, donneurs réguliers, donneurs très réguliers, etc.) ?;
  • Quelles sont les caractéristiques démographiques et socio-économiques qui influencent le nombre de dons non prélevés ?

Le projet s’est appuyé sur la réalisation des modélisations suivantes :

  • La modélisation statistique des donneurs et des non-donneurs(modèle logistique classique et modèle logistique multiniveaux sur le fait de donner ou non du sang);
  • La modélisation statistique des donneurs pour les dons allogéniques seulement (modèles avec variables individuelles, dont le modèle négatif-binomial (Poisson) selon la fréquence des dons et le modèle multinomial ordinal selon le nombre total de dons durant la période étudiée et modèles avec variables individuelles et contextuelle dont le modèle multiniveau de Poisson par MRC et le modèle multiniveau ordinal par MRC);
  • La modélisation statistique des dons non prélevés (approche par panel qui contrôle à la fois le temps et l’espace);
  • La modélisation statistique des dons sur l’île de Montréal, en reprenant les modèles avec variables individuelles puis ceux avec variables individuelles et contextuelles (par secteur de recensement).

9. Les motivations sociales et l’expérience de don des donneurs de sang par aphérèse

Ce projet est l’un des deux qui ont été choisis pour la phase 2 de la Chaire. Il s’intéresse aux motivations sociales et à l’expérience des donneurs par aphérèse (plasma et plaquettes) sur les sites des collectes. Si certaines recherches se sont intéressées aux motivations psychologiques des donneurs par aphérèse, aucune, jusqu’à présent, n’a cherché à décrire de manière plus approfondie l’expérience du donneur ni le sens de l’engagement qu’il développe à travers cette pratique. La revue de la documentation consultée suggère que les motivations des donneurs par aphérèse et leur expérience du don de sang diffèrent sensiblement de celle des donneurs de sang total. La pratique de don par aphérèse est beaucoup plus fréquente. De plus, ce type de don s’effectue dans des centres permanents. Le fait de fréquenter toujours les mêmes sites et de s’y présenter plus souvent est propice à ce que le donneur soit davantage reconnu par le personnel et à ce qu’il noue certaines relations, avec le personnel ou d’autres donneurs de sang par aphérèse. Ce constat suggère que la pratique du don par aphérèse serait moins « individualiste » que celle du don de sang total, ce qui la rend plus semblable à d’autres types d’engagement citoyen. La fréquence des dons rend aussi cette pratique propice à la création d’une identité de donneur qui s’appuie plus fortement sur l’attachement à la cause elle-même; ce qui se rapproche de la situation vécue par le militant ou le bénévole. Par leur pratique plus fréquente, au même site, ces donneurs peuvent aussi être plus sensibles aux aspects pratiques de l’environnement de la collecte. Notre projet visait donc à documenter les motivations des donneurs par aphérèse et leur expérience sur les collectes. Une meilleure connaissance en la matière pourrait contribuer à enrichir l’expérience vécue par le donneur; ceci étant une condition importante pour faciliter sa rétention.

Une enquête par entretiens auprès de 50 donneurs par aphérèse qui fréquentent les centres Globule de Montréal (20) et Québec (20) et le centre Plasmavie de Trois-Rivières (10) a été réalisée entre août et octobre 2014. Pour recruter les participants âgés de 55 ans et moins, nous avons inséré une section à la fin des questionnaires qui leur avaient été envoyés dans le cadre de l’enquête précédente leur demandant d’inscrire leurs coordonnées s’ils souhaitaient participer à une autre enquête. Le recrutement s’est donc fait auprès des donneurs qui avaient donné leur accord pour être contactés pour cette seconde enquête. Pour les 56 ans et plus, nous avons procédé à une sélection à partir de la base de données Progesa pour les trois villes ciblées et avons fait le recrutement par téléphone. L’équipe a décidé d’attendre que les analyses des résultats de l’enquête par questionnaires soient terminées avant de procéder à celles de ce projet, car il est possible d’intégrer les résultats de ces deux enquêtes, ce qui permet de produire des analyses mixtes (quantitatives et qualitatives). Les analyses doivent être produites cette année (2016).

10. L’analyse des itinéraires des donneurs de sang dans la région de Montréal

La revue de la documentation sur les comportements des donneurs a permis de constater que, bien que certains moments importants de la vie soient reconnus pour avoir une influence sur la carrière d’un donneur (grossesse, emploi, déménagement), peu de travaux regardent l’influence des tâches du quotidien sur la pratique du don. Comment les donneurs combinent-ils leur quotidien avec une pratique du don récurrente? Dans la région montréalaise, les futurs donneurs ont le choix d’emprunter des modes de transport variés (voiture, transports en commun), contrairement à la situation dans plusieurs régions du Québec où les donneurs utilisent principalement leur voiture pour se rendre sur le site de la collecte. La complexité de la situation de la mobilité dans la région de Montréal fait aussi en sorte que les déplacements des personnes sont souvent planifiés de manière à combiner plusieurs destinations à la fois. Ainsi, les trajets entre le départ du domicile le matin et le retour le soir peuvent être ponctués de plusieurs arrêts pour d’autres activités, ce qui rend encore plus riche l’analyse des déplacements vers les sites de collectes de sang.

Ce projet propose de documenter les itinéraires empruntés par les donneurs tout au long de la journée où a eu lieu leur don. Nous nous intéressons à la séquence des lieux visités par les donneurs de sang total et de plaquettes de la région montréalaise. En étudiant la description des itinéraires, l’idée est d’évaluer les différents patrons de mobilité en lien avec le don de sang et d’explorer comment ce don s’insère dans les tâches et destinations du quotidien à la fois pour les donneurs de sang total et pour ceux par aphérèse. Les résultats de ce projet pourront ainsi contribuer à la sélection de nouveaux sites de collecte fixes dans la région de Montréal, notamment pour le plasma et les plaquettes.

Ce projet se compose de trois phases:

  1. Enquête auprès de 216 donneurs, réalisée entre janvier et mars 2015 sur le site de 18 collectes de la région de Montréal. Les entretiens permettent de reconstituer les trajets effectués par le participant avant son don et ceux à venir immédiatement après le don de façon à pouvoir les cartographier;
  2. Transfert de l’information en carte des trajets du jour du don. La totalité des trajets a été cartographiée pour en extraire l’information sur les distances parcourues, les temps passés en transit ou encore l’aire couverte par chacun des participants en fonction des différents lieux visités le jour de leur don;
  3. Analyse des types de donneurs en fonction de leur mobilité (en cours). Les résultats préliminaires de cette enquête ont été présentés chez Héma-Québec le 18 février dernier. Les discussions ont permis de donner des pistes précises pour les analyses à venir.


Équipe

Membres du comité conjoint de suivi de la Chaire

  • Johanne Charbonneau, professeur INRS, titulaire de la Chaire
  • Gilles Delage, vice-président aux affaires médicales en microbiologie, Héma-Québec, responsable de la Chaire chez Héma-Québec
  • Josée Charest, ancienne directrice du Service à la recherche et à la valorisation, INRS, représentante de l’INRS
  • Geneviève Myhal, analyste d’affaires, Affaires médicales, Héma-Québec, représentants d’Héma-Québec

Chercheurs

  • Philippe Apparicio, professeur INRS, associé aux projets : « Géographie du don de sang au Québec », phase I et II.
  • Marie-Soleil Cloutier, professeure INRS, associée aux projets : « Géographie du don de sang au Québec », phase I et II, « Le don de sang selon les milieux de vie » et « L’usage du temps et les pratiques de don de sang dans le parcours de vie ».
  • Anne Quéniart, professeure, Département de sociologie, UQAM, associée aux projets : « Jeunes, altruisme et don de sang » et « Famille, altruisme et don de sang »

Assistants et professionnels de recherche

  • Nathalie Tran, INRS, coordonnatrice de la Chaire et agente de recherche
  • Geneviève Lacroix, INRS, assistante de recherche 
  • Julie Charron, UQAM, professionnelle de recherche 
  • Gaétan Dussault, INRS, analyste-programmeur en géomatique

Étudiants

  • Élianne Carrier. Maîtrise, Études urbaines, INRS-UQAM. Une enquête comparative du don de sang selon les milieux de vie. (dir. M.-S. Cloutier) 
  • Balia Fainstein. Maîtrise, Pratiques de recherche et action publique, INRS. Les jeunes donneurs de sang dans les campagnes de sensibilisation/communication d’Héma-Québec – L’apport d’une recherche sociologique sur les jeunes donneurs pour améliorer les campagnes de sensibilisation/communication d’Héma-Québec. (dir. J. Charbonneau) 
  • Julie Silveira. Maîtrise, Sociologie, UQAM. Le sens de l’altruisme chez les jeunes militants et les jeunes donneurs de sang. (dir. A. Quéniart) 
  • Gianhi Tran. Maîtrise, Études urbaines, INRS-UQAM. Au-delà de la proximité géographique: accessibilité géographique et culturelle au don de sang chez les communautés ethnoculturelles à Montréal. (dir. M.-S. Cloutier) 
  • Pirayeh Parvaresh, démographie INRS, L’insertion du don de sang dans la vie quotidienne.

Stagiaires de recherche

  • Gabriel Campeau. Maîtrise, Pratiques de recherche et action publique, INRS. L’impact de la trousse éducative en milieu scolaire. 
  • Marie-André David. Maîtrise, Pratiques de recherche et action publique, INRS. Le don de sang dans la communauté latino-américaine, stagiaire pour le projet sur les communautés ethnoculturelles. 
  • Francesca Désilets. Maîtrise en anthropologie, l’Université Laval. Projet Le rôle du bénévolat dans les collectes de sang. 
  • Jean Dubé. Stage post-doctoral, INRS. Projet Géographie du don de sang, phase II. 
  • Karine Hébert. Maîtrise, Études urbaines, INRS-UQAM. L’engagement bénévole chez Héma-Québec et l’appartenance à la communauté locale, stagiaire pour le projet bénévolaté. 
  • Gaëlle Leruste. Maîtrise en science politique, Université McGill. Projet Le rôle du bénévolat dans les collectes de sang. 
  • Élyse Massé. Maîtrise, Études urbaines, INRS/UQAM. 
  • Agnès Noubicier. Maîtrise en travail social, UQAM. Projet Le don de sang dans les communautés ethnoculturelles. 
  • Marie-Noëlle Rondeau, Maîtrise, Démographie, INRS. 
  • Valeria Valderrama-Benitez. Maîtrise en études internationales, Université de Montréal. Projet Le don de sang dans les communautés ethnoculturelles. 
  • Guillaume Vimeney. Doctorat en sociologie et philosophie des sciences sociales, Université Paris IV – Sorbonne. Projet Jeunes, altruisme et don de sang. 
  • Natalie Ward, sociologie Ottawa. Projet sur les représentations sociales des cellules-souches.

Publications scientifiques

Charbonneau, J. et A. Smith (dir.) (2016) Giving Blood : The Institutional Making of Altruism. New York, Routledge.

Charbonneau, J., Cloutier, M.-S., Quéniart et N. Tran (2015) Le don de sang: un geste social et culturel. Québec: Presses de l’Université Laval.

Charbonneau, J. (directrice du numéro) (2013) Social and cultural aspects of blood donationTransfusion,  Supplement, 53 (5S), décembre.

Charbonneau, J. et N. Tran (2013) “The symbolic roots of blood donation”, Transfusion, 53(5S): 172-179.

J. Charbonneau et N. Tran (2012), Les enjeux du don de sang dans le monde. Entre altruisme et solidarités, universalisme et gestion des risques, Rennes, Presses de l’École des hautes études en santé publique, 362 p. [Affiche du lancement]

J. Charbonneau, N. Tran et G. Lacroix (2009) « Les aspects sociaux du don de sang. Une revue de la documentation internationale ». Société française de transfusion sanguine. Strasbourg, France, juin. Communication orale avec power point.

La géographie du don de sang, phase I

Apparicio, P., J. Charbonneau et M.-S. Cloutier, (2009). « Give blood, give life: a geographical perspective on blood donation ». XIIIth International Symposium in Medical Geography, Hamilton, juin. Communication orale.

Apparicio, P., G. Dussault et J. Charbonneau (2008). La géographie du don de sang au Québec. Montréal, INRS, Rapport de recherche remis à Héma-Québec, 49 p.

Apparicio, P., G. Dussault et J. Charbonneau (2008). Identification des concentrations spatiales de minorités visibles dans la région métropolitaine de Montréal en 2006. Montréal, INRS, Rapport de recherche, 35 p.

Le rôle du bénévolat dans les collectes de sang au Québec

Charbonneau J., G. Lacroix et F. Désilets, avec la collaboration de K. Hébert et N. Tran (2010). Le rôle du bénévolat dans les collectes de sang au Québec. Rapport de recherche remis à Héma-Québec, 108 p. (et note synthèse)

Charbonneau, J. Le rôle du bénévolat dans les collectes de sang, Présentation chez Héma-Québec, 10 avril 2010. Communication orale avec power point.

Décary, F., J. Charbonneau et G. Cloutier (2009). Will blood drive volunteers be available in the future?. Congrès de l’International Society Blood Transfusion. Nagoya, Japon, novembre (poster).

Charbonneau, J., G. Lacroix, F. Désilets, K. Hébert et N. Tran (2009). Volunteer work in Quebec’s blood drives, Congrès de l’American Association Blood Banks, New Orleans, USA, octobre. (poster).

Le don de sang dans les communautés ethnoculturelles

Charbonneau, J. et S. Daigneault (2016) Engaging Ethnic Minority Blood DonorsISBT Science Series, 11(Suppl. 1), 140-147.

Charbonneau, J. et N. Tran (2015). “The Paradoxical Situation of Blood Donation in the Haitian-Quebec Community”, Canadian Ethnic Studies, 47 (2), 71-96.

Charbonneau, J. et N. Tran (2014) Le don de sang et les communautés ethnoculturelles au Québec. Montréal, INRS, Rapport de recherche présenté à Héma-Québec, 190 p.

Charbonneau J. (2013) Formation sur la diversité ethnoculturelle pour les gestionnaires de première ligne d’Héma-Québec. Volet 1(PDF) et Volet 2(PDF). Automne.

Charbonneau, J.  et G. Delage (2013). Ethno-Cultural Diversity and Blood Donation: A Socio-Anthropological Framework for a Comprehensive and Practical Approach. AABB Annual Meeting, Denver, Octobre.

Tran, N., J. Charbonneau et V. Valderrama-Benitez (2013) “Blood donation practices, motivations and beliefs in Montreal’s Black communities: the modern gift under a new light”, Ethnicity & Health, 18(6), 508-529.

Charbonneau J. (2013). Le recrutement de nouveaux donneurs dans un contexte de diversité ethniqueWorld Blood Donor Day, Paris, Juin.

Charbonneau, J. Le don de sang dans les communautés ethniques. Bilan et perspectives. 29 mai 2013.

Charbonneau J. et S. Daigneault (2013). Recruiting Donors from Ethnic Minorities, Association for Donors Recruitment Professional (ADRP) Annual Conference, Phoenix, Avril.

Charbonneau J. (2013) Le don de sang dans les communautés culturelles : participation individuelle ou collective ?, 15th National Metropolis Conference, Ottawa, Mars.

Charbonneau, J. et N. Tran (2012). « Les Haïtiens au Québec et le don de sang : une histoire ancrée dans un parcours communautaire mouvementé » in J. Charbonneau & N. Tran (dir.), Les enjeux du don de sang dans le monde. Entre altruisme et solidarités, universalisme et gestion des risques : 331-356. Rennes, Presses de l’E.H.E.S.P.

Charbonneau, J. et Tran, N. (2012) Des balises pour une approche ciblée de la promotion du don de sang auprès des communautés ethniques à Montréal, communication présentée dans le cadre de l’atelier Le don de sang : une réflexion sur l’altruisme, la solidarité et la gestion des risques, 6 décembre.

Tran, N., J. Charbonneau et V. Valderrama-Benitez (2012) Blood donation practices, motivations and beliefs in Montreal’s Black communities: the modern gift under a new light, Ethnicity & Health. Disponible en ligne.

Tran, G., Cloutier, M-S., Charbonneau, J. (2012), « L’accessibilité des lieux de don de sang et les communautés ethnoculturelles à Montréal », International Geographical Congress, Cologne, Allemagne, août.

Charbonneau, J., S. Daigneault et D. Vinet (2012) Le don de sang dans les communautés ethniques, Rencontre du Groupe inter-services, Héma-Québec, décembre.

Tran, G. (2012), Montreal’s minority donors and their accessibility to blood donation sites, communication présentée au Canadian Association of Geographers, Kitchener-Waterloo, mai.

Charbonneau, Johanne et Tran, Nathalie. (2012) The Paradoxes of Blood Donors’ Representations of Blood: a Complex Scientific, Religious and Cultural Amalgam. Communication présentée au 12th EASA Biennial Conference (Nanterre, July 13).

Tran, G. (2012), Au-delà de la proximité géographique: accessibilité géographique et culturelle au don de sang chez les communautés ethnoculturelles à Montréal  mémoire de maîtrise en études urbaines, INRS-UQAM (co-direction : Marie-Soleil Cloutier et Johanne Charbonneau). 120 pages.

Tran, N. et J. Charbonneau, (2011) «The Unwanted Gift : Haitians and the Legacy of the Blood Scandal», colloque «Traces, Tidemarks, and Legacies of Health and Healing», American Anthropological Association, Montréal, novembre.

Charbonneau J. (2011) Encouraging new blood drive partnerships by understanding the sociocultural background of minority donors in pluralistic societiesAnnual symposium of the Research Group on Blood Transfusion, Montréal, septembre.

Charbonneau, J. (2011) « Les Haïtiens et le don de sang, 30 ans après l’affaire du sang contaminé », Colloque « De la gestion de la crise à la gestion des risques : l’affaire du sang contaminé », CPDS/CRDP, Université de Montréal, octobre.

Tran N. et J. Charbonneau, (2011) Réflexions sur l’identité et le don de sang comme geste citoyen: discours des communautés ethnoculturelles de la région de Montréal, Congrès de l’Association pour la recherche interculturelle (ARIC), Sherbrooke, juin.

Charbonneau, J. (2011) « Don de sang et culture : une réflexion sur l’étranger, la solidarité et l’altruisme », Colloque sur l’Actualité de la critique durkheimienne de l’économie politique, ACFAS, Sherbrooke, mai. Communication avec texte.

Charbonneau, J. (2011) « Le don de sang dans les communautés ethnoculturelles à Montréal », XXVe Congrès de la Société française de transfusion sanguine, Lyon, France, mai. Powerpoint.

Charbonneau, J. Don de sang, donneurs minoritaires et communautés ethnoculturelles: quels enjeux pour demain?, 14 février 2011. Powerpoint.

Fantauzzi, A. (2011) L’organisation des collectes et l’adaptation culturelle pour les populations maghrébines en Italie, Conférence présentée chez Héma-Québec, février 2011.

Tran, Gianhi. (2011). L’accessibilité des lieux de don de sang chez les donneurs issus des communautés ethnoculturelles à Montréal, Journée Portes ouvertes de l’INRS-UCS, Montréal, 3 février. Affiche (pdf).

Valderrama, Valeria (2010) Le don de sang dans les communautés noires : revue de la documentation, Rapport de recherche remis à Héma-Québec, 33 pages.

Tran, N., J. Charbonneau et G. Lacroix (2010). Challenges and Opportunities in Recruiting Minority Blood Donors in Pluralistic Societies: the Case of Montreal, Canada. Congrès de l’International Society Blood Transfusion, Berlin, Allemagne, juin. Communication orale avec power point.

David, M.A. et N. Tran (2010). Le recrutement de donneurs de sang dans la communauté latino-américaine de Montréal. 70ième rencontre annuelle de la Society for Applied Anthropology, Mérida, Mexique, mars. 

Jeunes, altruisme et don de sang

Quéniart, A., J. Silveira et J. Charbonneau (2013). Jeunes, altruisme et don de sang. Une recherche qualitative auprès de jeunes donneurs et de jeunes militants du Québec, rapport de recherche remis à Héma-Québec, Montréal, UQAM, 127 p.

Fainstein, B. (2012) La carrière du jeune donneur de sang analysée via le concept de temporalité, Conférence de l’AISLF, Braga, Portugal, 19 et 20 avril. [Affiche]

Fainstein, B.  (2013) La carrière du jeune donneur de sang à la lumière d’une analyse de temporalités, Activité de transfert de connaissance dans le cadre de la maîtrise en pratique de recherche et action publique (INRS), Héma-Québec, 11 mars. Communication orale avec power point. 

Quéniart, A. (2011) Jeunes, altruisme et don de sang : premiers résultats, décembre 2011. [Powerpoint]

La transmission des valeurs d’altruisme dans la famille

Charbonneau, J. M.S. Cloutier, A. Quéniart et N. Tran (2015) Le don de sang : un geste social et culturel, chapitre 5. L’influence de la famille sur la pratique du don de sang. Québec. P.U.L.

Quéniart, A. (2013) Blood Donation within the Family : the Transmission of Values and Practices, Transfusion, 53(5S), 151S-156S.

Charbonneau, J., Quéniart, A. et Laprise, E. 2013. Blood Donation within the Family: the Transmission of Values and Practices. Affiche présentée au 23e congrès régional du International Society of Blood Transfusion, Amsterdam, 2-5 juin.
 

Le don de sang selon les milieux de vie

Carrier, E., M.S. Cloutier et J. Charbonneau (2015). « Cities, Villages and Suburbs: what Makes the Difference when it’s Time to Give Blood? » The Canadian Geographer, 59 (4). DOI: 10.1111/cag.12219

Charbonneau, J. M.S. Cloutier, A. Quéniart et N. Tran (2015) Le don de sang : un geste social et culturel, chapitre 8. L’influence des milieux de vie sur le don de sang : ruralité, urbanité et vie de banlieue. Québec, P.U.L.

Cloutier, M-S. 2013. Quelle influence pour le milieu de vie dans l’acte de donner du sang? Une analyse qualitative des milieux urbains, ruraux et de banlieue au Québec. Communication présentée au XXVIe congrès de la Société française de transfusion sanguine, Paris, 10-13 juin.

Cloutier M.S. et É. Carrier (2013) « Ville, village et banlieue : quelles différences quand vient le temps de donner du sang ? » Présentation chez Héma-Québec, 28 mai. Communication orale avec PowerPoint.

Carrier, E. (2012) Ville, village, banlieue : quelles différences quand vient le temps de donner du sang? Communication présentée dans le cadre d’un midi-conférence du LASER, 19 décembre.

Carrier, Élianne, Cities, villages and suburbs: is there a difference when giving blood?, International Medical Geography Symposium, Durham, juillet 2011. [Powerpoint]

La géographie du don de sang, phase II

Charbonneau, J. M.S. Cloutier, A. Quéniart et N. Tran (2015) Le don de sang : un révélateur des enjeux sociaux et culturels, chapitre 7. La géographie du don de sang au Québec. Québec, P.U.L.

Apparicio, P. et Cloutier, M.-S., (2012), La géographie du don de sang au Québec : Bilan des réalisations et perspectives de recherche. Document présenté à Héma-Québec, novembre.

Cloutier, M.S., Apparicio, P., Dubé, J., Charbonneau, J., Delage, G. (2012). Regional variation in the modeling of donation frequency: the case of Héma-Québec, CanadaTransfusion, vol. 52, no 11, p. 2329-2338.

Cloutier, M.-S., P. Apparicio et J. Charbonneau. 2011. « La géographie du don de sang au Québec: quelles variations régionales? ». Cahiers de géographie du Québec, vol. 55, no 156, p. 471-490.

L’évaluation des trousses pédagogiques sur le don de sang

Charbonneau, J. et B. Fainstein, en collaboration avec S. Daignault (2014) Évaluation de l’utilisation des trousses pédagogiques sur le don de sang dans les écoles primaires et secondaires. Montréal, INRS, Rapport final de recherche présenté à Héma-Québec, 77 p.

L’usage du temps et pratiques de don de sang dans le parcours de vie

Charbonneau, J., Cloutier, M.S., Carrier, É. (2015) Motivational differences between whole blood and apheresis donors in Quebec, Canada: A questionnaire-based survey in a voluntary non-remunerated contextJournal of Blood Transfusion, Article ID 568259, 11 pages, http://dx.doi.org/10.1155/2015/568259.

Charbonneau, J., Cloutier, M.S., Carrier, É. (2015) Whole blood and apheresis donors in Quebec, Canada: Demographic differences and motivations to donateTransfusion and Apheresis Science,  doi:10.1016/j.transci.2015.06.001

Charbonneau, J., Cloutier, M.S., Carrier, É.. (2015) Why Do Blood Donors Lapse or Reduce their Donation’s Frequency? Transfusion Medicine Reviews, 30(20160, 1-5, http://dx.doi.org/10.1016/j.tmrv.2015.12.001

Charbonneau, J. et M.S. Cloutier. Time use and blood donation donors questionnaire. Research Chair on the Social Aspects of Blood Donation, INRS.

Charbonneau, J., et M.S. Cloutier. Time use and blood donation inactive donors questionnaire. Research Chair on the Social Aspects of Blood Donation, INRS.

Les motivations sociales et l’expérience de don des donneurs de sang par aphérèse

 Charbonneau J,, Cloutier M.S., Fainstein B. (2017) How do people become plasma and platelet donors in a VNR context? Journal of Clinical Apheresis, 1-13. 

Charbonneau J. Cloutier M.S., Carrier E., Fainstein B. (2017) Motivations et carrière des donneurs de plasma et de plaquettes au Québec. Rapport final de recherche remis à Héma-Québec. INRS, 149 pages. 

J. Charbonneau, M.-S. Cloutier et B. Fainstein (2016) « A Quantitative/Qualitative Approach to Better Understand the Donation Motivations of Apheresis Donors in Quebec, Canada » in A. Luna (dir.) Blood Donations : Attitudes, Safety and Future Directions, Hauppauge (NY), Nova Science Pub.

Essais et mémoires

Balia, Fainstein (2013), maîtrise en pratiques de recherche et action publique (avec essai) La carrière du jeune donneur de sang : réflexions autour de l’apport d’une recherche sociologique aux stratégies marketing d’Héma-Québec

Élianne Carrier (2013), mémoire de maîtrise en études urbaines, Évaluation des variations du don de sang selon le milieu de vie au Québec

Gianhi Tran (2012), mémoire de maîtrise en études urbaines, Au-delà de la proximité géographique: accessibilité géographique et culturelle au don de sang chez les communautés ethnoculturelles à Montréal  »

Autres

Charbonneau, J., M.-S. Cloutier, A. Quéniart et N. Tran. (2015) Le don de sang : un geste social et culturel. Québec: PUL. 13 chapitres.

Charbonneau, J. (2014) Étudier les motivations au don de sang : l’apport de la psychologie et de la sociologie. Montréal, INRS, Note de recherche, 120 p.

Charbonneau, J. (2014) Le sang au service des besoins médicaux. Une histoire de don et de confiancePhilo & cie, 7, janvier-avril : 10-13.

Charbonneau, J. (2014) Le don de sang est-il un monde social ? », Colloque Comprendre les mondes sociaux, organisé par le LABEX Structuration des mondes sociaux, Toulouse, 9 avril. Communication orale avec PowerPoint.

Charbonneau, J. (2014) Les motivations au don de sang. Résultats des analyses transversales. Présentation chez Héma-Québec, 31 mars 2014. Communication orale avec power point.

Charbonneau, J. et N. Tran, avec la coll. de S. Marcoux (2008) Revue de documentation commentée sur les aspects sociaux du don de sang. Document présenté à Héma-Québec, 30 pages et annexes.

Présence dans les médias

« Il est difficile d’implanter un système volontaire », Le Monde. 14 juin 2013.

« Donner son sang, une expérience intime, un geste social », Planète INRS, 13 novembre 2012, par Marianne Boire.

Le don de sang, bien plus qu’un geste médical, L’Actualité médicale, 1er mars 2012, par Michel Dongois.

La sociologie du don de sang / Don de sang : une question individuelle et collective, Découvrir, Anick Perreault-Labelle / Février 2009

Donner son sang, une question de société, Planète INRS, mai 2009, par Valérie Borde

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Pour obtenir des informations à propos de la Chaire de recherche sur les aspects sociaux du don de sang, veuillez écrire à Michèle Riendeau.