Marie-Élise Parent

Professeur INRS

Expertises

Épidémiologie du cancer , Cancer de la prostate

Téléphone
450 686-5676

Télécopieur
450 686-5599

Courriel
marie-elise.parent@iaf.inrs.ca

Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie

531, boulevard des Prairies
Laval (Québec)  H7V 1B7
CANADA

 

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Intérêts de recherche

La prévention représente la meilleure arme contre le cancer. Les activités de recherche de la professeure Marie-Élise Parent visent à évaluer, à l’aide des principes et méthodes propres à la recherche épidémiologique, si l’environnement, les habitudes de vie et les facteurs génétiques jouent un rôle dans l’étiologie du cancer. Son programme de recherche vise tout particulièrement la prévention du cancer de la prostate.

 

Futurs étudiants

Les étudiantes et étudiants intéressés à poursuivre des études à la maîtrise, au doctorat ou au postdoctorat dans le domaine de l’épidémiologie du cancer sont invités à rejoindre la professeure Parent à l’adresse marie-elise.parent@iaf.inrs.ca

Formation universitaire

Marie-Élise Parent est professeure titulaire en épidémiologie au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie. Elle a obtenu son B. Sc. en nutrition (1984) à l’Université de Montréal, sa M. Sc. en nutrition – option épidémiologie (1988) à l’Université de Toronto et son Ph. D. en nutrition – option épidémiologie (1994) à l’Université de Montréal. Elle a ensuite complété un stage postdoctoral en épidémiologie environnementale à l’Institut Armand-Frappier (1995-1998).

 

Biographie

La professeure Parent est également professeure associée à l’École de santé publique de l’Université de Montréal au Département de médecine sociale et préventive et chercheuse au Centre de recherche du CHUM.

Elle dirige des études épidémiologiques portant sur le rôle de facteurs environnementaux et professionnels, des habitudes de vie et de la susceptibilité génétique dans l’étiologie du cancer. La professeure Marie-Élise Parent s’intéresse particulièrement aux méthodes d’évaluation des expositions chimiques en milieu de travail. Ses travaux de recherche ont été subventionnés par la Société de recherche sur le cancer en partenariat avec le Gouvernement du Québec et le Fonds de la recherche du Québec – Santé, la Société canadienne du cancer, les Instituts de recherche en santé du Canada, le National Institutes of Health (US-NIH), le Workplace Safety and Insurance Board de l’Ontario, le Ministère du travail de l’Ontario et Prostate Cancer Canada. Des bourses de carrière lui ont été décernées par le Fonds de la recherche du Québec – Santé.

La professeure Parent a été membre des Comités consultatifs scientifiques de Santé Canada, Prostate Cancer Canada et de la Société de recherche sur la cancer. Elle a servi sur plusieurs comités d’évaluation par les pairs, notamment auprès des Instituts de recherche en santé du Canada, du Fonds de la recherche du Québec – Santé, de l’Institut de recherche de la Société canadienne du cancer, du National Toxicology Program (NIEHS-NIH) et du National Cancer Institute (NIH). Elle est membre des comité éditoriaux des revues Cancer Epidemiology et Frontiers in Oncology – Cancer Epidemiology and Prevention. Elle a par ailleurs siégé aux conseils d’administration de la Société canadienne du cancer, de la Société canadienne d’épidémiologie et de biostatistique et de l’Institut national de la recherche scientifique. Elle est co-présidente du Comité organisateur de la 28th International Conference on Epidemiology and Occupational Health (EPICOH), tenu à Montréal en 2020.

Elle s’est mérité le Alice Hamilton Award, Honorable Mention, Exposure and Risk Assessment Category, du National Institute for Occupational Health and Safety, Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Atlanta, Georgia. On lui a aussi décerné le prix IRSST-Club des Ambassadeurs en 2020.

Projets de recherche en cours

Programme de recherche québécois pour la prévention du cancer de la prostate

Subventionné par le Programme Environnement-Cancer GRePEC, un partenariat entre la Société de recherche sur le cancer, le Gouvernement du Québec et le Fonds de recherche du Québec-Santé (4,7 M$).

Ce vaste programme de recherche s’inscrit dans l’enrichissement et l’exploitation de données recueillies dans le cadre d’une Étude cas-témoins du rôle des facteurs environnementaux et professionnels, du mode de vie et de la susceptibilité génétique dans l’étiologie du cancer de la prostate subventionnée par la Société canadienne du cancer (1,9 M$).

Le cancer de la prostate demeure le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes au Canada. Chaque année, près de 24 000 canadiens sont diagnostiqués d’un tel cancer et plus 4 100 en décèdent. Bien que la survie suite à ce cancer soit favorable, plusieurs patients doivent faire face, suite à son diagnostic ou à son traitement, à des effets indésirables affectant sérieusement leur qualité de vie. Il est donc impératif d’identifier des moyens pour prévenir ce cancer, ce qui repose sur l’identification des facteurs de risque. En dépit des efforts déployés, les seuls facteurs de risque clairement identifiés jusqu’ici sont l’âge, une histoire familiale positive de ce cancer, et l’appartenance ethnique. Les distributions temporelles et géographiques dans l’incidence de ce cancer suggèrent que son étiologie relève d’influences environnementales. Aussi les expositions environnementales, telles que celles présentes dans le milieu de travail et les habitudes de vie représentent-elles des facteurs de risque potentiels qui doivent faire l’objet de recherches. De plus, l’étude du rôle des facteurs génétiques et des interactions gènes-environnement est à l’avant-garde de la recherche visant à identifier les facteurs de risque de cette forme de cancer.

Dans le cadre d’une étude cas-témoins montréalaise populationnelle (PROtEuS – Prostate Cancer & Environment Study), la professeure Parent et son équipe ont recruté près de 2 000 cas incidents de cancer de la prostate et 2 000 témoins de la population générale. Des entrevues ont été menées avec chacun d’eux pour retracer leur histoire professionnelle afin d’évaluer le rôle de 300 substances chimiques en milieu de travail, incluant plusieurs modulateurs hormonaux. Plusieurs autres facteurs professionnels sont aussi à l’étude, notamment le travail de nuit et le stress au travail. De plus, des informations ont été recueillies sur des facteurs rattachés au mode de vie, i.e., l’activité physique (récréative, résidentielle et professionnelle), les habitudes sexuelles, l’obésité, la calvitie, les habitudes de tabagisme et de consommation d’alcool. La professeure Parent et son équipe s’intéressent aussi aux expositions présentes dans l’environnement résidentiel des sujets. Des échantillons d’ADN ont permis de mener une analyse pan-génomique et permettront d’évaluer le rôle de polymorphismes génétiques impliqués dans le métabolisme des substances cancérigènes et dans le métabolisme hormonal qui peuvent moduler le risque de développer le cancer de la prostate. Cette infrastructure de recherche, la plus vaste au monde sur les expositions environnementales, représente un effort unique et à long-terme dans la recherche sur la prévention du cancer de la prostate. L’analyse statistique des données est en cours.

 

Expositions professionnelles et cancer de la prostate:  analyse d’une étude populationnelle canadienne

Subventionné par les Instituts de recherche en santé du Canada (608 176 $).

Bien qu’on soupçonne fortement que les facteurs environnementaux jouent un rôle étiologique dans le cancer de la prostate, les facteurs de risque modifiables n’ont pas encore été identifiés de sorte que la prévention n’est toujours pas possible. Mis à part les pesticides, très peu de recherches ont été menées sur les produits chimiques environnementaux dans l’étiologie de ce cancer. Plusieurs produits chimiques sont eux-mêmes cancérigènes ou agissent comme des modulateurs endocriniens et pourraient être impliqués. L’environnement de travail représente une fenêtre privilégiée pour les étudier car beaucoup y sont rencontrés à des niveaux supérieurs, facilitant leur mesure. Étant donné que de nombreux produits chimiques professionnels finissent par se retrouver dans l’environnement général, ces expositions concernent non seulement les travailleurs, mais également l’ensemble de la population. L’absence de grandes études bénéficiant d’une solide évaluation des expositions professionnelles a été le principal obstacle à l’avancement des connaissances dans ce domaine. En 2002-2022, les organismes de financement canadiens ont financé PROtEuS, qui est l’étude la plus vaste et la plus complète au monde sur l’environnement et le cancer de la prostate, permettant d’évaluer le rôle étiologique des expositions en milieu de travail. Chaque emploi occupé par environ 4 000 sujets au cours de leur vie a été documenté, en obtenant des détails sur les tâches spécifiques, l’équipement et les produits chimiques utilisés. Cette mine d’information sur les activités professionnelles (15 724 descriptions d’emploi) a été encodée par une équipe d’hygiénistes industriels en termes de l’exposition à des centaines de produits chimiques tout au long de la vie, avec des estimations de l’intensité, la fréquence, la certitude et durée d’exposition à chaque agent. Ce protocole décrit 19 projets d’analyses statistiques et de publications, à être entrepris au cours de la période de subvention. Il se concentre sur les expositions présumées d’avoir des propriétés de modulation endocrinienne et/ou reposant sur des associations observées antérieurement, telles que pour les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les liquides dérivés du pétrole, les émissions des moteurs et les produits de combustion, les solvants, les fumées de soudage, les résines et les polymères, les métaux, les produits chimiques liés à la peinture et les pesticides. D’autres projets se concentrent sur le travail de nuit et sur l’activité physique / l’inactivité au travail. Les expositions seront analysées individuellement et combinées, en tenant compte des co-expositions, de la confusion et des interactions. Nous présentons ici un projet d’analyse de données innovant et de grande envergure, bénéficiant d’une solide expertise en épidémiologie professionnelle, évaluation de l’exposition et biostatistique, et impliquant un important volet de formation. Ce projet, qui représente une avancée majeure dans le domaine, générera d’importantes nouvelles connaissances en vue de la mise en place de mesures préventives contre le cancer de la prostate.

 

Déprivation sociale personnelle et environnementale, et risque de cancer de la prostate

Subventionné par la Société canadienne du cancer et les Instituts de recherche en santé du Canada (198 568 $).

Les relations sociales influencent les comportements de santé et ont probablement un impact sur l’ensemble du continuum du cancer, de son développement jusqu’à la survie. Bien que les individus ayant des liens sociaux limités affichent de moins bons pronostics de cancer, la façon dont divers environnements sociaux influencent le risque de développer un cancer de la prostate est inconnue. Pour étudier cela, la professeure Parent et son équipe évalueront comment les indicateurs potentiels de déprivation sociale au niveau personnel (par exemple, être veuf), au travail (par exemple, travail de nuit) et dans le voisinage (par exemple, zone avec de nombreuses personnes vivant seules) sont associés au risque de développer un cancer de la prostate. Cette première étude portant sur différentes sphères de l’environnement social, tout au long de la vie, ouvre la porte à l’intervention auprès des populations vulnérables et à la prévention. Pour ce faire, une nouvelle équipe de chercheurs a été formée rassemblant une expertise pertinente pour étudier l’impact limité des relations sociales, de l’isolement et des environnements sociaux défavorables sur le développement du cancer de la prostate. Des analyses statistiques seront effectuées sur la base de données existante créée à partir de l’étude cas-témoins PROtEuS. Cet ensemble de données sera complété par le greffage de nouvelles sources d’informations à partir des registres et des bases de données de surveillance. Un large éventail d’indicateurs de l’environnement social à différents niveaux (per sonnel, travail et quartier) et tout au long de la vie seront étudiés. Il s’agit de la toute première étude à explorer le rôle potentiel de multiples sphères de l’environnement social, sur une période de 20 ans, dans le développement du cancer de la prostate.

 

Prédicteurs potentiels du développement du cancer de la prostate

Subventionné par la Société de recherche sur le cancer (56 831$).

La détection du cancer de la prostate repose généralement sur le test d’APS (antigène prostatique spécifique) et le toucher rectal. Bien qu’utiles, ces tests ne prédisent pas nécessairement bien la présence de cancer ou s’il est agressif. Il est connu que le risque de développer ce cancer augmente avec l’âge, une histoire familiale de ce cancer et est plus élevé chez les hommes de descendance africaine. S’il était possible d’identifier des facteurs additionnels qui, en conjonction avec des outils cliniques, permettraient d’identifier aisément des individus qui sont à plus haut risque de développer un cancer de la prostate, et tout particulièrement dans sa forme agressive, nous aurions accompli un progrès scientifique majeur. Ceci permettrait de cibler la détection du cancer à des sous-groupes de la population à plus haut risque, et ainsi de détecter des cancers à des stades plus précoces et faciliter leur traitement. Dans ce projet, trois indicateurs potentiels de risque très innovateurs sont étudiés : (1) la calvitie, (2) la longueur des doigts (reflétant les niveaux hormonaux dans le passé), et (3) l’infertilité.