La liberté universitaire est nécessaire à la science

Publié par Luc-Alain Giraldeau

26 octobre 2020

( mise à jour : 2 novembre 2020 )

La liberté universitaire est un pilier essentiel pour assurer l’avancement et l’enseignement des connaissances.

Tout aussi importante que l’immunité parlementaire pour le fonctionnement de notre démocratie, la protection des sources journalistiques pour maintenir une presse libre et la confidentialité des échanges avocats clients pour assurer la pleine défense devant la justice, la liberté universitaire permet aux membres du corps professoral de critiquer les savoirs acquis et proposer de nouvelles idées souvent controversées, sans crainte de sanctions.

C’est la condition même du progrès des idées et le cœur du principe de l’université, qui s’est vue ainsi protégée contre les attaques des églises, des gouvernements et de la société pour les idées qui y sont véhiculées.

Comme chef d’un établissement universitaire, je rassure l’ensemble des professeures et des professeurs de l’INRS qu’il est de mon devoir de préserver cette liberté qui vous est si nécessaire dans l’accomplissement de votre tâche de recherche et d’enseignement.

Cependant, comme chef d’établissement je suis aussi responsable des étudiantes et des étudiants, et il est donc aussi de mon devoir de m’assurer de leur fournir un climat d’apprentissage et de formation de haute qualité, inclusif, diversifié et exempt de violence. En ce qui concerne l’évaluation de ce qui peut être considéré comme un acte de violence, le mouvement #metoo nous a fait comprendre qu’il faut croire celles et ceux qui s’en disent victimes.

Il existe de nombreux mots remplis de haine et de mépris pour décrire nos collègues et nos concitoyennes et concitoyens, qu’ils soient des personnes racisées, issues des Premières nations ou de la communauté LGBTQ2+. Ces mots ont une charge culturelle qu’il faut reconnaitre. La liberté universitaire doit aussi se conjuguer avec la civilité et l’inclusion.

Luc-Alain Giraldeau, directeur général de l’INRS

Si ces mots blessants doivent être utilisés par nécessité dans notre enseignement, alors par respect ils doivent être utilisés avec parcimonie, avec les précautions qui s’imposent afin de nous assurer que l’enseignement et la recherche que nous entreprenons se fassent dans un climat serein et dénué de violence. Comme chef d’établissement, je tiens à rassurer toutes les étudiantes et tous les étudiants qu’il est aussi de mon devoir de préserver votre intégrité et de vous assurer d’un environnement sain pour votre formation.

Puisqu’un établissement universitaire est la rencontre des communautés professorales et étudiantes, je crois qu’il est essentiel qu’à l’INRS, ces deux communautés comprennent les enjeux et les responsabilités d’une part de la liberté universitaire et d’autre part de la bienséance et de la civilité. À toute la communauté je souhaite le plus grand succès dans la poursuite de vos activités de recherche et de formation.

Ce texte d’opinion a été publié le 26 octobre 2020 dans La Presse.