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29 septembre 2026
Mise à jour : 25 septembre 2026
Et si les résidus miniers amiantés pouvaient servir à créer les matériaux du futur ? C’est ce sur quoi je travaille dans le cadre de mon doctorat en sciences de la Terre au Centre Eau Terre Environnement de l’INRS.
Hamza Daoudi travaille à transformer des résidus miniers néfastes et cancérigènes en matériaux fonctionnels.
J’étudiais à la maîtrise en ingénierie au Maroc lorsque j’ai touché à la recherche pour la première fois. Je caractérisais les nanofeuilles de graphène dans une perspective d’emballage écoresponsable. Quand j’ai présenté les résultats de mon projet, mes professeurs ont été étonnés, et m’ont même proposé de les divulguer dans un article scientifique. C’est là que je me suis dit : c’est ça que je veux faire.
« J’ai aimé le fait de rentrer au laboratoire après une journée de cours théoriques et de développer quelque chose de concret. Je rêvais de travailler sur des thématiques de façon autonome, puis de créer des solutions à un problème réel. »
Après un stage en ingénierie des matériaux et un poste d’assistant de recherche, j’avais deux articles scientifiques et un brevet à mon actif. Je savais que j’allais poursuivre mes études en recherche, et je voulais acquérir une expérience internationale. Alors, où aller ?
J’ai été accepté au doctorat dans plusieurs grandes universités du monde, mais j’ai choisi l’INRS, et le Québec.
« Comme l’INRS est dédié entièrement à la recherche, je savais qu’elle répondrait à mes objectifs de recherche appliquée. Je souhaitais développer des matériaux de pointe, tout en intégrant un aspect social à mes travaux, dans une approche multidisciplinaire. »
Mon superviseur de thèse, Louis-César Pasquier, m’a proposé une thématique pour créer des nanomatériaux performants tout en améliorant la qualité de vie des gens : valoriser des résidus miniers amiantés en nanomatériaux de magnésium. J’ai eu les yeux qui brillent : c’était clair que ça allait devenir mon sujet de recherche. On sait que l’amiante peut causer l’amiantose, un cancer du poumon, mais ses rejets d’exploitation sont aussi catastrophiques pour l’économie et la vie des communautés où se situent les mines. La perspective de les utiliser pour développer des matériaux du futur m’enchantait.

C’est ainsi que j’ai commencé à étudier la solution sursaturée en magnésium qu’on obtient après la décontamination de l’amiante et la réaction avec le CO2. Souvenons-nous que l’amiante était utilisé, à l’époque, comme matériau d’isolation pour ses qualités réfractaires, c’est-à-dire qu’il ne conduit pas la chaleur. C’est le magnésium présent dans l’amiante qui lui confère cette qualité.


« À partir de résidus miniers néfastes et cancérigènes, on peut produire des matériaux de type nanocomposites plus robustes, fonctionnels et résistants au feu. En considérant l’omniprésence du plastique dans notre société, le rendre plus résistant aux flammes pourrait sauver des vies. »
J’ai réussi à produire des nanopoudres de magnésium, des nanomatériaux d’échelle entre 20 à 600 nanomètres. Dans un premier lieu, je travaille à appliquer ces nanomatériaux en tant que charge pour retarder la flamme lors des incendies en le combinant au polypropylène, un polymère très standard, mais très inflammable. Mes travaux démontrent que, en intégrant des nanoparticules de magnésium dans le propylène, la propagation de la flamme est réduite de 50 %, et le feu s’éteint de lui-même.
Les résultats de mes travaux seront bientôt projetés dans un semi-pilote dans les « Labos Lourds » de l’INRS (les Laboratoires pour l’innovation scientifique et technologique de l’environnement), afin de les rendre applicables à l’échelle industrielle par notre partenaire, ECO2 Magnesia.
« La soif d’apprendre, c’est qui me donne l’énergie pour faire mes expériences. J’aime savoir que ce que je fais peut être source de solutions qui seront appliquées, et influenceront peut-être par la suite d’autres chercheurs et chercheuses. »
Lors de la présentation de mon projet de thèse au premier colloque TAARMAQ (Transition appuyée et acceptable des résidus miniers amiantés au Québec), organisé par l’Observatoire national de l’amiante, à Thetford Mines. Cette affiche m’a valu le premier prix du concours d’affiches scientifiques.
Comme étudiant, j’ai aussi la chance de contribuer à l’avancement de la recherche avec plusieurs organisations pancanadiennes, dont l’Observatoire national de l’amiante, COALIA (un centre de transfert des innovations technologiques en minéralurgie, en plasturgie et en matériaux avancés) et le réseau CIRCUIT (le Centre pour l’innovation et la recherche sur l’utilisation du carbone dans les technologies industrielles).
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