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La réconciliation se construit dans l’action

Publié par Luc-Alain Giraldeau, directeur général de l'INRS 

28 septembre 2026

( Mise à jour : 28 septembre 2026 )

Chaque année, la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation nous invite à réfléchir. À réfléchir à notre histoire, bien sûr, mais aussi à notre responsabilité collective face à l’avenir.

Pour ma part, cette journée soulève toujours la même question : comment une institution comme l’INRS peut-elle contribuer concrètement à la réconciliation? 

Je ne crois pas que la réponse se trouve dans les grands discours. Elle se trouve plutôt dans notre capacité à écouter, à apprendre et à agir avec humilité. La réconciliation n’est pas un objectif que l’on atteint une fois pour toutes. C’est une démarche continue, qui demande du temps, de l’ouverture et une réelle volonté de bâtir des relations durables. 

À l’INRS, nous avons la chance de côtoyer des personnes qui nous aident à avancer sur ce chemin. Au cours de la dernière année, plusieurs initiatives ont contribué à nourrir cette réflexion collective, qu’il s’agisse du travail mené avec le Comité de collaboration avec les Premiers Peuples, de l’arrivée d’une conseillère aux relations avec les Premiers Peuples, ou encore de l’honneur que nous avons eu de remettre un doctorat honoris causa à Richard Ejinagosi Kistabish. Si ces initiatives témoignent d’un engagement institutionnel accru, elles prennent également appui sur les relations durables que plusieurs de nos professeures et professeurs entretiennent depuis longtemps avec des partenaires autochtones, sur le terrain.  

Ces gestes sont importants. Non pas parce qu’ils marquent l’aboutissement d’un travail, mais parce qu’ils témoignent d’une volonté de progresser. 

Car il reste encore beaucoup à faire. 

Nous devons poursuivre nos efforts pour mieux comprendre les réalités et les perspectives des Premiers Peuples. Nous devons nous assurer que les membres de notre communauté disposent des connaissances et des outils nécessaires pour mener des collaborations de recherche respectueuses et porteuses de sens. Nous devons également faire en sorte que les étudiantes et étudiants autochtones trouvent à l’INRS un environnement où ils se sentent accueillis, reconnus et soutenus. Je pense notamment à la Bourse Joyce-Echaquan, créée par le réseau DIALOG et l’UQAT, avec l’appui du Fonds de recherche du Québec, qui célébrera bientôt son cinquième anniversaire. Développée à la suite du tragique décès de Joyce Echaquan, cette initiative nous rappelle l’importance de poursuivre nos efforts afin de favoriser la réussite, la reconnaissance et la pleine participation des Premiers Peuples dans les milieux d’études et de recherche. Pour la première fois cet automne, l’INRS offrira également des stages de recherche de 1er cycle et de maîtrise destinés à des étudiantes et étudiants autochtones intéressés par les sciences et le génie.

C’est dans cet esprit que nous souhaitons continuer d’agir. Offrir davantage d’occasions d’apprentissage à notre communauté de l’INRS, notamment par la formation intitulée Peuples autochtones 101 accessible à l’ensemble du personnel et à la communauté étudiante. Nous devons aussi accorder une place plus visible aux Premiers Peuples dans nos milieux de vie et de travail, notamment en mettant en lumière dans tous les centres de l’INRS des personnalités inspirantes des 11 nations autochtones du Québec. Voilà autant de gestes concrets pour poursuivre notre cheminement collectif et faire évoluer notre culture institutionnelle. 

Je suis convaincu que les établissements universitaires ont un rôle particulier à jouer dans la réconciliation. Parce qu’ils sont des lieux de savoir, mais aussi des lieux de dialogue. Des endroits où l’on peut apprendre à mieux comprendre l’autre, remettre en question nos certitudes et construire des ponts.  Cette responsabilité est d’autant plus importante que, dans un passé relativement récent, le système d’éducation a lui-même contribué à des injustices dont les peuples autochtones portent encore les conséquences aujourd’hui. Il nous faut donc redoubler d’efforts, d’ouverture et d’écoute pour bâtir des relations plus justes, respectueuses et durables. 

En cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, je nous invite donc à voir cette démarche non pas comme une obligation, mais comme une responsabilité qu’on peut porter avec fierté. Une responsabilité d’apprendre, d’écouter et de progresser ensemble. 

Luc-Alain Giraldeau 
Directeur général de l’INRS