Retour en haut

Exploiter l’énergie du sous-sol pour assurer l’avenir énergétique des communautés éloignées

10 juin 2026

Mise à jour : 9 juin 2026

Jasmin Raymond à la tête d’une Chaire de recherche du Canada de 1,4 M$ à l’INRS pour réduire la dépendance aux énergies fossiles grâce aux systèmes géoénergétiques.

Et si la solution à la transition énergétique se trouvait sous nos pieds ? Dans un contexte de crise climatique, le potentiel du sous-sol apparaît comme une voie prometteuse, notamment pour les communautés éloignées encore dépendantes des énergies fossiles.

C’est précisément dans ce contexte que s’inscrit le travail du professeur Jasmin Raymond, de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), titulaire de la Chaire de recherche du Canada (niveau 1) sur l’analyse des systèmes géoénergétiques durables, financée à hauteur de 1,4 M$ par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

Cette chaire vise à accélérer la transition énergétique et à réduire la dépendance aux énergies fossiles. Elle s’appuie sur l’expertise reconnue du professeur Raymond en géothermie utilisée pour le chauffage, le refroidissement et la production d’électricité, et explore le potentiel de la croûte terrestre pour répondre aux besoins énergétiques tout en préservant l’environnement.

Ses travaux combinent modélisation numérique, caractérisation géologique et expérimentation en laboratoires naturels, et se concentrent sur trois axes : la géothermie, le stockage d’hydrogène vert et la recherche d’hydrogène naturel.

La géothermie au service de l’autonomie des communautés

L’équipe du professeur Raymond s’intéresse au potentiel géothermique des régions éloignées. Elle collabore avec des communautés rurales, isolées et autochtones, notamment dans le Nord canadien, et mène ses recherches directement sur leur territoire. L’objectif est de soutenir la transition énergétique de ces communautés, qui sont encore fortement dépendantes des combustibles fossiles comme le diesel.

« Peu de travaux scientifiques sont réalisés dans ces communautés éloignées. Elles représentent de trop petits marchés pour intéresser les acteurs industriels de l’énergie. Or, il est essentiel de s’y attarder afin de renforcer leur souveraineté énergétique et de réduire le coût environnemental associé à leur dépendance aux énergies fossiles. »

Jasmin Raymond, professeur à l’INRS et titulaire de la Chaire

Responsable scientifique du Laboratoire ouvert de géothermie, le professeur Raymond s’emploie à tirer parti de résultats probants obtenus dans les régions subarctiques afin de les transposer à des conditions plus extrêmes, notamment dans le bassin franklinien de l’Arctique.

Le stockage souterrain d’hydrogène vert pour stabiliser les réseaux énergétiques

Dans le cadre de la Chaire, son équipe explore également la conversion des surplus d’électricité issus de sources renouvelables, comme le solaire et l’éolien, en hydrogène vert, permettant le stockage d’énergie et contribuant à stabiliser les réseaux énergétiques.

Ces travaux se concentrent notamment sur les Îles‑de‑la‑Madeleine, où le sous-sol salin serait favorable à la création de grandes cavités souterraines de stockage.

« L’approvisionnement énergétique des Îles dépend encore essentiellement d’une centrale thermique, mais l’éolien s’y développe rapidement. Nos recherches visent à soutenir ce développement, en proposant une solution de stockage souterrain sous forme d’hydrogène vert afin de garantir une alimentation continue en énergie. »

Jasmin Raymond

L’hydrogène naturel, une ressource émergente prometteuse

L’équipe du professeur Raymond s’intéresse finalement à l’exploration de réservoirs d’hydrogène géologique naturel, une ressource récemment identifiée et particulièrement prometteuse, puisque son exploitation n’émettrait aucun gaz à effet de serre.

Les recherches se concentrent sur les bassins de Mistassini et d’Otish, au nord de Chibougamau.

« L’hydrogène naturel est très prometteur. Il pourrait transformer le paysage énergétique en répondant à plusieurs défis de la transition énergétique, notamment l’intermittence de l’approvisionnement en énergie renouvelable, les besoins de transport longue distance et les exigences de certains secteurs industriels nécessitant de la chaleur à haute température. »

Jasmin Raymond

En explorant ces trois avenues – géothermie, stockage d’hydrogène vert et recherche d’hydrogène naturel – l’équipe du professeur Raymond entend contribuer activement à la lutte contre les changements climatiques. Cette Chaire permettra de développer des systèmes géoénergétiques durables capables de répondre aux défis environnementaux, technologiques et économiques du Canada, en particulier dans ses communautés éloignées.