Retour en haut

Pour une mobilité durable hors des grands centres urbains

14 mai 2026

Mise à jour : 14 mai 2026

L’étudiant Hadrien Simard s’intéresse aux alternatives de transport dans les milieux marqués par une forte dépendance à l’automobile.

Hadrien Simard, candidat à la maîtrise en études urbaines à l’INRS

Comment favoriser l’adoption des mobilités durables — transports collectifs, autopartage, covoiturage, marche et vélo — dans les régions peu densément peuplées du Québec ? C’est à cette question qu’Hadrien Simard, candidat à la maîtrise en études urbaines à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), tente de répondre dans le cadre de son mémoire, un champ encore peu documenté. 

« La mobilité durable en région ne peut pas reposer sur une solution unique. Elle nécessite des approches adaptées aux réalités locales, qui tiennent compte à la fois de l’offre de services, des contraintes territoriales et des habitudes de déplacement. » 

Hadrien Simard, étudiant en études urbaines à l’INRS  

À l’occasion du 93e Congrès de l’Acfas, il présente les résultats de son projet de recherche  menée dans l’Est du Québec. Il poursuit ses études au Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, sous la supervision de la professeure Julia Frotey, membre de l’Unité mixte de recherche INRS-UQAR Numérique et territoires.  

Un enjeu majeur pour la transition climatique 

Malgré les cibles ambitieuses de la Politique de mobilité durable 2030 — notamment réduire de 20 % les déplacements en auto solo et offrir à 70 % de la population l’accès à quatre services de mobilité durable — le secteur des transports représentait encore 44,8 % des émissions de gaz à effet de serre du Québec en 2024, selon le ministère de l’Environnement. 

Or, la majorité des études et des initiatives se concentrent sur les grands centres urbains. Les réalités des régions rurales, pourtant essentielles à la transition, demeurent encore peu explorées, malgré une dépendance à l’automobile bien ancrée. 

Comprendre les réalités régionales 

Pour combler ce manque, Hadrien Simard s’est penché sur les dynamiques de mobilité dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. Il s’est d’abord appuyé sur des entretiens réalisés avec des acteurs du milieu du transport dans le cadre d’un projet dirigé par la professeure Julia Frotey, portant sur les freins et les leviers au développement des mobilités durables. 

Il a ensuite concentré son analyse sur les pratiques de déplacement à Rimouski et dans ses environs, où 87,8 % de la population utilise la voiture comme principal mode de transport pour se rendre au travail (Statistique Canada, 2022). 

En s’appuyant sur des groupes de discussion réunissant des personnes de différents groupes d’âge, le chercheur a identifié plusieurs obstacles à l’adoption des mobilités durables : distances importantes, faible densité, accès limité aux services de proximité, forte culture automobile et sentiment d’insécurité pour les piétons et les cyclistes. Ces enjeux varient aussi selon que l’on habite le centre de Rimouski ou sa périphérie. 

Ces échanges ont également permis de faire émerger plusieurs pistes de solution concrètes, notamment : améliorer la proximité des services, développer le covoiturage, bonifier et sécuriser les infrastructures piétonnes et cyclables, et renforcer la sensibilisation aux enjeux de mobilité. 

Changer les perceptions pour transformer les pratiques 

Les travaux d’Hadrien Simard mettent aussi en lumière l’existence de pratiques de mobilité durable encore marginales, mais porteuses de changement. Ils soulignent l’importance des perceptions dans les habitudes de déplacement. 

Comme l’illustre le témoignage d’un couple installé au Bic : l’un valorise la proximité des services du village, tandis que l’autre considère indispensable la possession d’une voiture. Une même réalité peut ainsi être perçue de façons très différentes. 

Pour le jeune chercheur, favoriser la mobilité durable en région passe à la fois par le développement d’alternatives concrètes — nécessitant des investissements et une planification à long terme — et par un travail d’information et de sensibilisation, essentiel pour faire évoluer les mentalités.