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Les écarts de richesse entre femmes et hommes persistent au Canada… mais restent mal mesurés 

6 août 2026

Mise à jour : 6 août 2026

Une équipe de l’INRS propose une première estimation du patrimoine individuel et révèle des inégalités jusque‑là invisibles. 

Patrimoine homme-femme

Au Canada, les inégalités de patrimoine entre les femmes et les hommes demeurent difficiles à mesurer, les données étant recueillies principalement au niveau des ménages ce qui masque les écarts entre individus au sein du couple. 

Les travaux menés par l’équipe de Maude Pugliese, professeure à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en expériences financières des familles et inégalités de patrimoine, lèvent le voile sur ces disparités en proposant une estimation inédite du patrimoine individuel des Canadiennes et des Canadiens. 

Basée au Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, la chercheuse est également directrice de l’Observatoire des réalités familiales du Québec et du Partenariat de recherche Familles en mouvance. 

Des inégalités enfin mieux mesurées 

En exploitant cinq cycles de l’Enquête sur la sécurité financière (2005–2023), et en recourant à des techniques d’apprentissage automatique, l’équipe de recherche est parvenue à estimer la richesse détenue individuellement, un défi majeur en raison des limites des données disponibles. L’analyse inclut également les avoirs détenus dans les régimes de retraite d’employeurs, observés au niveau individuel. 

Maude Pugliese

« Au Canada, l’écart de richesse entre les femmes et les hommes passe largement sous le radar — surtout hors du Québec — parce qu’on ne le mesure pas. Or, tant que le patrimoine est évalué uniquement au niveau des ménages, ces inégalités restent invisibles. Nos résultats montrent qu’elles sont bien réelles et qu’il devient urgent de mieux les mesurer pour orienter les politiques publiques. »

Maude Pugliese, professeure à l’INRS qui se spécialise sur les liens entre dynamiques familiales, finances personnelles et inégalités socioéconomiques. 

Les résultats qui ont fait l’objet d’une publication dans la revue Canadian Studies in Population révèlent que les femmes détiennent systématiquement moins de patrimoine que les hommes. Si cet écart varie selon les provinces, il s’est globalement réduit au fil du temps, en particulier en ce qui concerne le patrimoine lié aux régimes de pension. 

Mamadou Diallo

« En combinant des méthodes d’apprentissage automatique à des données existantes, nous pouvons estimer plus finement le patrimoine individuel. Cela ouvre la porte à une compréhension plus précise des inégalités économiques entre les femmes et les hommes .»

Mamadou Diallo, doctorant en études des populations à l’INRS et coauteur de l’étude.  

Le cas du Québec : des effets difficiles à isoler 

L’étude s’attarde également au cas du Québec, où des politiques familiales adoptées à la fin des années 1990, favorisant la participation des femmes au marché du travail, ainsi qu’un cadre juridique distinct en matière de partage des biens pourraient avoir contribué à réduire les écarts. Bien qu’une diminution plus marquée soit observée au Québec depuis 2005, notamment chez les jeunes générations, des tendances similaires apparaissent ailleurs au pays, notamment en Ontario. 

Diana Peña Ruiz, étudiante au doctorat en études des populations à l’INRS, et coauteure de l’étude. 

« Nos résultats suggèrent que certaines politiques publiques ont pu contribuer à réduire les écarts, mais des tendances similaires ailleurs au pays montrent que plusieurs facteurs sont en jeu. Il est essentiel de poursuivre l’analyse dans le temps .»

Diana Peña Ruiz, étudiante au doctorat en études des populations à l’INRS, et coauteure de l’étude. 

Ces résultats offrent des conclusions nuancées quant à l’impact des politiques publiques et soulignent l’importance d’améliorer la collecte de données individuelles sur les actifs et les dettes au Canada. Selon les auteures et auteurs de l’étude, une telle amélioration permettrait de mieux documenter les inégalités intrafamiliales et d’orienter des interventions plus efficaces. 

À propos de l’étude  

Pugliese, M., Diallo, M. & Peña, D. The Gender Wealth Gap in the Canadian Provinces: Predicting and Comparing the Individual Wealth of Men and Women between 2005 and 2023. Can. Stud. Popul.52, 14 (2025). https://doi.org/10.1007/s42650-025-00101-y