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2 novembre 2026
Mise à jour : 2 novembre 2026

En matière de couple, le Québec est un cas unique au Canada et dans le monde : nous sommes les leaders internationaux de l’union libre! Dans certaines régions, plus de 70 % des conjoints avec enfants mineurs ne sont pas mariés. Or, ce statut n’est pas sans conséquences en cas de séparation. C’est là que les inégalités financières, cumulées pendant les années de vie commune, remontent à la surface.
Pour la professeure et sociologue Hélène Belleau, spécialiste des questions entourant le couple et les inégalités à l’INRS, le constat est clair : les mères sont les plus vulnérables. Comparativement aux pères, elles réduisent plus souvent leurs heures de travail rémunéré pour la famille et ont donc moins d’argent que les pères pour l’épargne. Selon la répartition des dépenses au cours d’une relation, l’un des deux partenaires pourrait avoir davantage économisé.

Au sein des couples homosexuels, on observe des écarts moins importants auprès des couples de femmes. Celles-ci auront davantage tendance à équilibrer la charge familiale, à la fois pour le travail rémunéré et non rémunéré. À l’inverse, chez les couples homosexuels masculins, on retrouve généralement les mêmes écarts que chez les couples hétérosexuels.
Dans la majorité des couples, l’épargne est gérée séparément, parfois même lorsque les conjoints disent faire pot commun au quotidien. L’épargne est véritablement un impensé de la vie conjugale. Chez les couples hétérosexuels, les mères, qui auront connu des congés de maternité et des baisses de salaires subséquentes, alimenteront moins leur épargne que les pères. Et à cela s’ajoutent les séparations qui surviennent en moyenne après 15 ans de vie commune et que peu de gens anticipent.
« L’épargne est véritablement un impensé de la vie conjugale. »

Or, on estime que 5000 $ économisés vaudront 40 000 $ après trente-cinq ans… Les inégalités peuvent donc ressurgir à très long terme. En cas de séparation, les fonds de pension et les REER ne sont pas partagés entre conjoints de fait. Puisque ce statut est le plus répandu au Québec chez les moins de 50 ans, les personnes vulnérables face à la séparation sont d’autant plus nombreuses.
Selon la chercheuse Hélène Belleau, l’une des solutions concrètes réside dans la mise en commun de l’épargne comme s’il s’agissait d’une dépense commune. À ce chapitre, le cadre juridique mis en place dans certaines provinces de l’ouest du Canada pourrait aussi inspirer positivement le Québec afin de réduire ces inégalités parmi les conjoints de fait.
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