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Des bactéries bénéfiques pour protéger les tomates et favoriser leur croissance

3 septembre 2026

Mise à jour : 3 septembre 2026

Une découverte de l’INRS ouvre la voie à des solutions plus durables pour les productrices et producteurs du Québec.

Des bactéries bénéfiques pour protéger les tomates et favoriser leur croissance

Réduire l’utilisation d’intrants chimiques tout en protégeant les cultures contre les maladies constitue l’un des grands défis de l’agriculture moderne. Chez la tomate, le chancre bactérien est particulièrement redouté puisqu’il peut causer d’importantes pertes de production et demeure difficile à contrôler.

Le professeur Éric Déziel de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) a mis en lumière une piste prometteuse en identifiant des bactéries bénéfiques capables à la fois de favoriser la croissance des plants et de les protéger contre cette maladie. Pour y parvenir, son équipe a passé au crible plus de 500 bactéries isolées dans différents champs de cultures maraîchères.

Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans la revue Applied and Environmental Microbiology de l’American Society for Microbiology (ASM).

Une double solution pour des cultures en santé

L’équipe de recherche a identifié trois bactéries particulièrement prometteuses. L’une d’elles a retardé jusqu’à sept jours l’apparition des symptômes de la maladie sur des plants de tomates exposés au pathogène et en a réduit significativement la gravité. Deux autres ont également démontré leur capacité à protéger les plants tout en favorisant leur développement.

Nasim Sedighian

« Nous avons identifié des bactéries capables de protéger les plants contre une maladie importante tout en favorisant leur croissance. Cette double fonction représente un potentiel très intéressant pour une agriculture plus durable », souligne Nasim Sedighian, chercheuse en microbiologie environnementale et première auteure de l’étude, qui a réalisé ces travaux lors de son stage postdoctoral à l’INRS.

Les analyses génomiques ont également révélé que deux des souches étudiées pourraient appartenir à une nouvelle lignée bactérienne du groupe Pseudomonas marginalis, ouvrant de nouvelles pistes de recherche sur les microorganismes bénéfiques associés aux plantes.

Une recherche partenariale ancrée dans les besoins du milieu

Depuis plus de vingt ans, le laboratoire du professeur Éric Déziel, au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie de l’INRS, à Laval, développe une expertise reconnue sur les microorganismes bénéfiques et leurs applications en agriculture.

Menée avec Agro-100 ltée, partenaire de longue date, cette recherche répond à des défis exprimés par les producteurs de tomates en serre et vise à développer des solutions biologiques adaptées aux réalités du secteur.

 Éric Déziel

« Cette recherche illustre l’importance des partenariats entre le milieu académique et l’industrie pour répondre à des enjeux concrets du secteur agricole. À terme, ces microorganismes pourraient offrir aux producteurs de nouveaux outils pour protéger leurs cultures de façon plus durable », ajoute Éric Déziel, professeur à l’INRS et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sociomicrobiologie fondamentale et appliquée.

Avant une éventuelle utilisation commerciale, le chercheur rappelle que les souches devront être évaluées dans des conditions de production réelles afin de confirmer leur efficacité et d’optimiser leur utilisation.

À propos de l’étude

Identification of Beneficial Bacterial Strains for Tomato Growth Promotion and Biocontrol of Bacterial Canker Caused by Clavibacter michiganensis

Nasim Sedighian, Marie-Christine Groleau, Eric Déziel

bioRxiv 2026.06.01.729334; doi: https://doi.org/10.64898/2026.06.01.729334

Ces travaux de recherche ont été rendus possibles grâce au soutien financier d’Agro-100, du CRIBIQ et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).