- Ma recherche en série
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4 février 2026
Mise à jour : 4 février 2026
Selon le vieux dicton, « tous les chemins mènent à Rome ». Pour ma part, ils m’ont tous menée à la recherche!
J’ai toujours aimé la résolution de problème, que ce soit à l’école ou dans mon quotidien. Et, touche-à-tout comme je suis, j’ai usé les bancs d’école au sein de bien des programmes, de la diététique à la biologie environnementale, en passant par les sciences de la santé et la biochimie. Pourquoi me restreindre à un seul domaine? Le monde est vaste!
Ainsi, bien que je n’aie pas suivi un parcours scolaire classique (plus linéaire), les différentes étapes de mes études m’ont toutes amenée à découvrir l’évidence : j’ai une réelle passion pour la recherche, ce qu’ont d’ailleurs confirmé les stages que j’ai pu réaliser avant mes études supérieures.

Puis, forte d’une maîtrise en écotoxicologie dont les travaux portaient sur l’étude des effets de polluants sur les hormones thyroïdiennes d’oiseaux sauvages, et en tant que lauréate d’une bourse du programme Foncer PURE Create (offerte par le réseau de formation technologique avancée sur le risque et la remédiation de la pollution en zone urbaine), j’ai eu la chance de faire un stage auprès de la professeure Isabelle Plante à l’INRS. Dans son laboratoire, j’ai combiné mes intérêts pour l’étude de polluants environnementaux et pour la santé humaine. J’y ai plus précisément étudié une maladie qui affecte encore aujourd’hui 1 femme sur 8 au Canada : le cancer du sein.
Mon goût de résoudre des problèmes venait d’en frapper tout un.
La majorité des études sur le cancer du sein sont principalement faites à l’aide de modèles nécessitant des animaux vivants. Les dernières études de notre laboratoire ont effectivement impliqué des rates exposées à des mixtures de polluants représentatifs de l’exposition humaine. Le côté moins évident de cette logistique, c’est qu’elle exige énormément de temps et de ressources.
Mais on peut faire autrement et j’en ai justement la chance dans le cadre de mon doctorat; j’étudie différents modèles in vitro à partir de lignées cellulaires afin de tester la toxicité de polluants et d’autres composés reconnus ou soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. J’en ai la chance grâce aux moyens technologiques qu’offre l’INRS.


En effet, durant ma première année, je me suis familiarisée avec un appareil pouvant mesurer les effets de polluants sur la capacité de multiplication des cellules, cette multiplication est justement un comportement associé au développement du cancer. Grâce à cet appareil, nous avons été en mesure, au labo, de tester un grand nombre de concentrations de polluants, accélérant ainsi l’évaluation de la toxicité de ces composés. L’idée derrière tout ça, c’est que si on sait mieux à quel point certaines substances ou certains environnements sont toxiques, on pourra chercher à limiter ou à éviter l’exposition, pour réduire les risques qu’un cancer se développe, s’aggrave, soit mal diagnostiqué ou ne réponde pas adéquatement aux traitements.
En plus, profitant des partenariats et des relations de l’INRS et de ma directrice, j’ai effectué un séjour de collaboration dans le laboratoire de la professeure Mahchid Bamdad de l’Université Clermont Auvergne en France. J’y ai appris à employer un nouveau modèle cellulaire en 3D pour refléter avec plus de fidélité les mécanismes cellulaires retrouvés dans l’organisme. En résumé, grâce à une série d’étapes de rotation et l’utilisation d’un hydrogel, on arrive à recréer des tumeurs artificielles à base de cellules cancéreuses, appelées tumosphères. Ces sphères offrent un environnement 3D plus représentatif des tumeurs réelles, et c’est grâce à ces modèles plus près de la réalité que j’étudie les effets de polluants sur les risques de développer un cancer du sein.
Avec mes recherches, je souhaite ouvrir la porte à l’étude des perturbateurs endocriniens en utilisant efficacement le modèle 3D afin d’accélérer l’évaluation de leur toxicité.
Ce faisant, j’espère permettre à plus de chercheuses et chercheurs de contribuer à la publication de données sur ces effets toxiques et ainsi mener à de meilleures régulations gouvernementales au Québec, mais aussi à l’international.
Ultimement, j’espère aider à protéger plus de femmes contre les risques de développer un cancer du sein.


La petite Madeleine de 14 ans qui militait déjà au secondaire pour sensibiliser ses camarades à la pollution et aux injustices environnementales a de quoi être fière de la doctorante chercheuse d’aujourd’hui.
Écoutez Madeleine discuter des perturbateurs endocriniens dans le Balado PerturbAction, une initiative étudiante visant à vulgariser les perturbateurs endocriniens.
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