Retour en haut

Ablema Sephora Tanoe reçoit le prix Publication en français Gisèle-Lamoureux

10 avril 2026

Mise à jour : 9 avril 2026

Remis par le Fonds de recherche du Québec, ce prix vise à faire rayonner les publications scientifiques en français au Québec et dans la Francophonie.

Ablema Sephora Tanoe, diplômée d’un doctorat en sciences de l’eau à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), est la récipiendaire du prix Publication en français Gisèle‑Lamoureux pour le mois de mars 2026.

Avant d’entreprendre son doctorat au Québec, elle a obtenu une maîtrise en sciences et techniques de l’eau en Côte d’Ivoire, un parcours qui témoigne de la richesse et de la diversité de sa formation.

Elle reçoit cette distinction pour son article : « État des connaissances de la gestion des eaux de lavage maraîchères : caractéristiques et traitements ».

À cette occasion, la jeune chercheuse a accepté de répondre à nos questions afin d’expliquer ses travaux et l’importance de cette reconnaissance accordée à une publication en français.

Qu’est‑ce que les eaux de lavage maraîchères et pourquoi est‑il important de bien les gérer ?

Les eaux de lavage maraîchères (appelées aussi ELM) sont les eaux usées produites après le lavage, le rinçage et l’emballage des fruits et légumes dans les stations de lavage maraîchères. Ces eaux usées contiennent plusieurs contaminants pouvant devenir nocifs pour l’environnement. Par exemple, on y retrouve des concentrations en matières solides pouvant atteindre les 10.000 mg/L, Alors que des concentrations aussi faibles que 25 mg/L dans les eaux de surface peuvent entrainer la mortalité des poissons par colmatage des voies respiratoires des poissons. D’où la nécessité de décontaminer les ELM avant de les rejeter dans les cours d’eau avoisinants.

Quelles sont les principales solutions pour améliorer leur traitement ?

Des traitements existent déjà dans les fermes maraîchères québécoises, mais ils ne sont pas toujours suffisants pour respecter les limites de rejet en vigueur.

Nos travaux ont montré que la combinaison de l’électrocoagulation (EC) suivie de l’électro‑oxydation (EO) est la plus efficace pour éliminer simultanément les contaminants insolubles (particules, matières en suspension) et dissous (couleur, matière organique, insecticides néonicotinoïdes, etc.). L’EC a pour avantage de fonctionner sans qu’on ait besoin d’ajouter de réactifs chimiques pendant le traitement. Ce qui réduit son empreinte écologique.

Selon le type de contaminant, l’EC ou l’EO peut aussi être utilisé comme traitement de polissage, en complémentarité avec les traitements déjà en place dans les fermes maraîchères. 

Que représente pour toi le prix Gisèle‑Lamoureux, qui met en valeur les publications scientifiques en français ?

Je remercie le Fonds de recherche du Québec pour cette distinction. Recevoir le prix Gisèle‑Lamoureux est une belle reconnaissance de nos efforts à renforcer la visibilité de la littérature scientifique francophone.

Je tiens également à remercier les coauteurs de cette publication, pour leurs contributions essentielles, ainsi que l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) et enfin le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), qui a financé ce projet.  

En quoi tes recherches peuvent‑elles aider concrètement le milieu agricole et l’environnement ?

Ce projet a été réalisé en collaboration avec l’INRS, l’IRDA et l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ). Mes travaux fournissent au MAPAQ et à l’IRDA des données robustes qui leur permettent de proposer aux producteurs maraîchers des solutions de traitement des ELM à la fois performantes et moins polluantes. De façon concrète, mes résultats de recherche permettraient aux producteurs maraîchers d’être mieux outillés pour respecter la réglementation et réduire l’impact de leurs rejets sur les cours d’eau.

À propos du prix Publication en français

Ce prix a pour objectifs :

  • de faire rayonner les publications scientifiques en français au Québec et dans la Francophonie ;
  • d’encourager le libre accès à ces publications ;
  • de reconnaître la pertinence sociale et les retombées de la recherche québécoise.


Pour rendre hommage à des femmes marquantes du milieu scientifique québécois, chacun des secteurs du FRQ nomme ce prix selon une figure emblématique :

  • Gisèle Lamoureux (Nature et technologies)
  • Alice Girard (Santé)
  • Louise Dandurand (Société et culture)

Chaque mois, une personne récipiendaire reçoit une bourse de 2 000 $ pour une publication en français.

Félicitations à Ablema Sephora Tanoe pour cette distinction!