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L’INRS et ses partenaires unissent leurs expertises pour créer des solutions durables face à un enjeu environnemental critique.
Photo de gauche à droite : Jean-Marc Lauzon, directeur principal, Groupe ABS-TechnoRem; Martin Létourneau, directeur général des politiques en milieu terrestre, MELCCFP; Richard Martel, professeur titulaire à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et Louis-César Pasquier, directeur du Centre Eau Terre Environnement de l’INRS
L’Institut national de la recherche scientifique (INRS), en collaboration avec le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), met sur pied la Chaire de recherche industrielle consacrée au traitement in situ des sols et des eaux souterraines contaminés par des polluants persistants et émergents. Mise en place avec l’aide de TechnoRem, filiale du Groupe ABS, cette initiative vise à répondre à l’un des défis environnementaux les plus pressants du Québec : la réhabilitation durable des terrains contaminés.
Les sols et les eaux souterraines contaminés constituent un passif important pour le Québec. Municipalités, organismes publics et promoteurs doivent composer avec des contaminations complexes, l’émergence de nouveaux polluants et des ressources limitées, notamment le manque de ressources financières. Dans ce contexte, les technologies de traitement in situ, qui permettent d’intervenir directement sur place, offrent une solution plus écologique, économique et adaptée aux réalités du territoire.
Sous la direction du professeur Richard Martel, expert reconnu en hydrogéologie, l’équipe de la Chaire vise à développer de nouvelles connaissances et stratégies pour améliorer l’efficacité des méthodes de traitement in situ et élargir leurs applications.

« Dans le contexte environnemental actuel, la décontamination in situ des sols et des eaux souterraines constitue un enjeu incontournable. On assainit déjà les sites les plus simples à traiter, mais les contaminants persistants, enfouis en profondeur ou situés sous des infrastructures, demeurent particulièrement difficiles à éliminer. Grâce à cette chaire, nous souhaitons développer, en collaboration avec les intervenants de l’industrie et du MELCCFP, des approches novatrices et durables capables de traiter ces polluants directement à la source et de répondre ainsi aux besoins du Québec. »
Richard Martel, professeur à l’INRS et titulaire de la Chaire de recherche industrielle consacrée au traitement in situ des sols et des eaux souterraines contaminés par des polluants persistants et émergents.
Cette Chaire bénéficie d’un financement de 3,5 millions de dollars sur 5 ans provenant du MELCCFP et du Groupe ABS-TechnoRem.
La Chaire réunit des professeurs, des ingénieurs et des spécialistes de terrain autour d’un objectif commun : accélérer le développement de solutions de décontamination in situ performantes et adaptées aux réalités québécoises.
Au Centre Eau Terre Environnement de l’INRS, une équipe multidisciplinaire mettra à profit son expertise en réhabilitation de sites, biotechnologie environnementale, bioprocédés industriels, modélisation et ingénierie, en collaboration avec d’autres universités, dont Polytechnique Montréal et l’UQAT (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue). Le partenariat avec l’entreprise privée apportera une expertise opérationnelle essentielle pour tester et valider les innovations dans des conditions réelles et faciliter leur transfert vers les milieux preneurs.
« La décontamination in situ est essentielle pour réhabiliter des sites pollués et assurer leur usage sécuritaire. Depuis plus de 35 ans, notre engagement vise à améliorer la qualité de vie des Québécoises et des Québécois. La création de cette chaire incarne notre fierté et notre volonté d’innover. Grâce à la vision et à l’expertise des partenaires, nous renforcerons la position du Québec à l’avant-garde des solutions de réhabilitation et continuerons à développer des approches de pointe pour relever les défis de demain. »
Jean-Marc Lauzon, directeur principal, Groupe ABS-TechnoRem.
Les travaux suivront un parcours complet : développement en laboratoire, essais à échelle intermédiaire dans des bacs de sable 2D et 3D, puis projets pilotes sur le terrain. La Chaire vise ainsi à devenir un moteur d’innovation en matière de traitement in situ.
Les recherches se concentreront sur des substances particulièrement préoccupantes, notamment les substances per et polyfluoroalkylées (PFAS), les biphényles polychlorés (BPC) les hydrocarbures pétroliers, les dioxines, les furannes, les perchlorates, les retardateurs de flammes bromés, les plastifiants ainsi que certains produits pharmaceutiques. Ces contaminants se retrouvent dans l’environnement à la suite de déversements accidentels ou d’anciennes pratiques industrielles.
Persistants et toxiques pour la santé humaine et les écosystèmes, ils nécessitent des méthodes de traitement adaptées aux réalités québécoises, notamment aux climats froids et aux régions éloignées.




Le traitement des contaminants directement à la source permettra de réduire durablement le passif environnemental du Québec sans déplacer les problèmes vers des sites d’enfouissement. La diminution du recours à l’excavation et au transport de sols contaminés contribuera également à réduire les émissions de gaz à effet de serre et les nuisances associées.
Les collectivités locales profiteront d’une baisse des risques d’exposition, sans relocalisation ni perturbation des activités de surface. Sur le plan économique, la Chaire favorisera l’émergence d’une filière québécoise du traitement in situ, stimulera l’innovation et soutiendra la création d’emplois spécialisés, notamment dans les régions éloignées.
« La concrétisation du Plan d’action 2023-2029 de la Politique de protection des sols et de réhabilitation des terrains contaminés marque une étape déterminante pour le Québec. La revitalisation durable du territoire constitue un enjeu stratégique majeur, qui passe notamment par la décontamination des terrains et leur remise en valeur au bénéfice des collectivités. À cet égard, la chaire de recherche industrielle en traitement in situ représente un levier essentiel pour accélérer l’innovation, renforcer l’expertise québécoise, déployer des solutions durables, adaptées aux réalités de nos milieux et atteindre l’objectif du Plan d’action visant à augmenter le nombre de terrains réhabilités à l’aide d’une technologie in situ. »
Marie Andrée Vézina, directrice, Direction de la protection des terrains et de l’assainissement des industries, MELCCFP.

« Ce financement témoigne de la confiance du ministère envers l’INRS. Forts d’une équipe d’exception, d’un savoir-faire reconnu en décontamination durable et d’alliances de recherche actives avec nos partenaires et collaborateurs, nous accélérons l’essor de solutions répondant aux besoins du milieu. Cette chaire consolide notre Centre, rapproche laboratoires, ingénierie et industrie, et s’aligne sur la mission de l’INRS : mettre la science au service du développement économique, social et culturel du Québec. »
Louis‑César Pasquier, directeur, Centre Eau Terre Environnement, INRS.
L’INRS jouera un rôle névralgique dans la formation d’une relève scientifique capable de répondre aux besoins croissants en décontamination durable.
La Chaire s’inscrit dans le Plan d’action 2023‑2029 du MELCCFP, qui prône l’innovation et la mise en œuvre de méthodes de réhabilitation durables.