Procédés de féminisation syntaxique pour la rédaction inclusive

La langue française ne nous permet actuellement pas de rédiger de manière totalement neutre. Lorsqu’une rédaction non genrée n’est pas possible, il importe toutefois d’écrire de manière épicène afin que le plus de gens possible soient représentés dans le texte.

Certains organismes ajoutent une note explicative en début de texte pour indiquer la prise en compte de la non-binarité dans celui-ci, même si sa rédaction n’est pas entièrement neutre. L’INRS s’inscrit dans ce mouvement et recommande d’ajouter la note suivante dans les publications officielles :

« L’engagement de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) à utiliser et à promouvoir un langage non sexiste est une étape vers l’adoption d’un langage qui représente et inclut toutes les personnes. »

Voici quelques procédés permettant d’assurer la visibilité des femmes et des personnes s’identifiant au genre féminin dans les écrits.


Employez les doublets complets

Un doublet est un ensemble constitué de la forme féminine et de la forme masculine d’un mot.

  • Il peut être formé de deux noms : l’étudiante et l’étudiant, les chercheuses et les chercheurs, une professeure ou un professeur.
  • Il peut également être formé de deux pronoms : celles et ceux, toutes et tous, elle ou il, chacune et chacun.

À l’INRS, lorsqu’un doublet est utilisé – et que l’accord de proximité le permet – la forme féminine est placée avant la forme masculine.


Accord de proximité

Lorsqu’un doublet est accompagné d’un adjectif ou d’un participe, l’accord de ce dernier se fait au masculin. On place alors le nom masculin à côté de l’adjectif ou du participe afin d’éviter une discordance de genre entre un mot féminin et un mot masculin contigus.

On écrira donc Les professeures et les professeurs chevronnés, mais Les principaux représentants et représentantes du comité

POUR VOUS AIDER La Banque de dépannage linguistique de l’OQLF approfondit la question de l’accord de proximité sur son site.


Reprise par les pronoms

Deux options sont possibles lorsqu’on souhaite rappeler un antécédent qui est un doublet, soit l’utilisation de pronoms coordonnés ou celle d’un pronom de rappel masculin.

Reprise par des pronoms coordonnésReprise par un pronom masculin
Ces stages d’été s’adressent aux étudiantes et aux étudiants de premier cycle. Elles et ils peuvent obtenir plus de renseignements en communiquant avec le secrétariat.Ces stages d’été s’adressent aux étudiantes et aux étudiants de premier cycle. Ils peuvent obtenir plus de renseignements en communiquant avec le secrétariat.

L’utilisation d’un pronom d’un rappel masculin permet d’alléger le texte, lorsque plusieurs doublets y figurent déjà. Il faut toujours garder en tête que la lisibilité et l’intelligibilité du texte priment.

POUR VOUS AIDER La Banque de dépannage linguistique de l’OQLF présente plusieurs cas particuliers de reprise par les pronoms.


À l’oral

Certains textes sont destinés à être lus à haute voix (allocutions, remerciements, etc.). Il importe de réfléchir à la manière de les rendre les plus inclusifs possible dès l’étape de la rédaction. Le recours aux formulations neutres peut s’appliquer aisément, mais les doublets posent un plus grand défi.

C’est particulièrement le cas lorsqu’un doublet est composé de deux noms à la sonorité identique au féminin et au masculin (les employées et les employés, par exemple). La lecture des deux termes sera redondante et alourdira le discours. Il n’est pas non plus recommandé de mettre l’accent sur la finale de la forme féminine (le e de employée ou le le de professionnelle). Il est alors préférable de ne lire qu’une seule des deux formes.

La CDEC souligne que la prononciation de la finale féminine peut être justifiée lorsqu’on souhaite mettre l’accent sur le caractère féminin d’une information, comme dans l’exemple suivant : « Les ingénieurEs ont plus de mal à faire valoir le point de vue. » Bien que l’emploi de la locution femmes ingénieures soit déconseillé à l’écrit, on pourrait l’utiliser ici pour remplacer ingénieures .

Il s’agit donc d’user de bon sens afin d’assurer la plus grande inclusion possible tout en préservant l’intelligibilité du discours et la clarté de l’information.

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