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27 novembre 2025
Mise à jour : 27 novembre 2025
L’INRS développe une technologie infrarouge innovante pour améliorer le dépistage de la fièvre et mieux préparer nos systèmes de santé.
De gauche à droite : Tsuneyuki Ozaki (professeur à l’INRS), Patrick Kilcullen (Chercheur postdoctoral dans les laboratoires des professeurs Liang et Ozaki), Cheng Jiang (chercheur postdoctoral dans le laboratoire du professeur Liang), Yingming Lai (chercheur postdoctoral dans le laboratoire du professeur Liang) et Jinyang Liang (professeur à l’INRS). Crédit photo: Cheng Jiang, INRS
Avec le retour du froid, des virus respiratoires causant la grippe, le VRS ou la COVID-19 refont surface. Dans ce contexte, la détection rapide de la fièvre demeure essentielle pour identifier rapidement les personnes symptomatiques. Toutefois, la fiabilité des caméras thermiques traditionnelles, qui mesurent la température sur le front ou les joues, se trouve souvent compromise par la circulation d’air, la transpiration ou le port du masque.
Pour remédier à ce problème, une équipe de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), dirigée par le professeur Jinyang Liang, expert en imagerie computationnelle, a mis au point SPIRIT (Single-pixel infrared imaging thermometry), une technologie qui pourrait transformer le dépistage de la fièvre dans les lieux publics.
« SPIRIT est une technologie de nouvelle génération qui allie simplicité, précision et accessibilité. Elle pourrait changer la façon dont nous détectons la fièvre dans la vie de tous les jours. »
Jinyang Liang, responsable scientifique du Laboratoire d’imagerie informatique appliquée.
Le professeur Liang, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en imagerie informatique ultrarapide, a collaboré avec Cheng Jiang, Patrick Kilcullen, Yingming Lai et le professeur Tsuneyuki Ozaki, tous basés au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l’INRS, reconnu dans l’application de sources de rayons X à des fins biomédicales. Leurs résultats ont été publiés dans Nature Communications.
La technologie SPIRIT cible la zone la plus fiable du visage : le coin interne des yeux, près du nez. Ces petites zones (appelées commissure interne de l’œil) sont moins touchées par les conditions extérieures et rendent mieux compte de la température corporelle centrale. Le défi? Elles sont minuscules et éloignées l’une de l’autre, ce qui rend leur capture difficile par les caméras classiques (moins de 0,5 % des pixels leur sont consacrés).
SPIRIT résout ce problème en exploitant un seul pixel infrarouge, associé à un système ingénieux de codage lumineux et à une reconstruction informatique. Cette approche concentre 100 % de la détection sur les zones les plus fiables, sans recours à des systèmes coûteux ou complexes.

Lors d’essais menés auprès de 39 volontaires, SPIRIT a détecté un cas de fièvre, suivi les variations normales de température au cours de la journée et même relevé des différences subtiles liées au port de lunettes… le tout au moyen d’un appareil compact et abordable.
« Ce qui est passionnant, c’est qu’on peut cartographier la température à l’aide d’un seul pixel en effectuant un calcul intelligent. »
Cheng Jiang, auteur principal et chercheur postdoctoral dans le laboratoire de Liang.
L’étudiant pousse actuellement ses explorations au-delà de la recherche, en collaboration avec QV Studio, pour mettre au jour des applications concrètes de la technologie SPIRIT. L’objectif ultime demeure la commercialisation, mais plusieurs étapes restent à franchir, dont l’amélioration des résultats et la mise en place d’un projet pilote en collaboration avec des établissements de santé.

SPIRIT n’est pas que précis : il est pratique. Grâce à son traitement en temps réel et à sa précision (± 0,3 °C), il peut être déployé dans les écoles, cliniques, gares et milieux de travail. En réduisant le nombre de fausses alertes, il fait baisser le stress et diminue les coûts liés aux tests inutiles.
Il s’agit du premier système de thermométrie infrarouge à pixel unique conforme aux normes internationales. Il mesure la température humaine dans la plage clinique de 31,7 à 39,8 °C, ce qui en fait un outil fiable pour le dépistage.
Ces résultats pourraient contribuer à affiner les critères de dépistage de la fièvre et fournir de nouveaux outils pour mieux préparer le Québec et le Canada aux prochaines vagues épidémiques.
Jiang, C., Kilcullen, P., Lai, Y. et al. Single-pixel infrared imaging thermometry maps human inner canthi temperature. Nat Commun 16, 8885 (2025). https://doi.org/10.1038/s41467-025-64125-3
Cette recherche a été soutenue en partie par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le Programme des chaires de recherche du Canada, la Chaire en nanobiophotonique de l’INRS, ainsi que par le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies.
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