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Hydrogène naturel : premiers rapports sur l’évaluation du potentiel de cette ressource émergente  

13 juin 2024

Mise à jour : 13 juin 2024

Une équipe de recherche menée par le professeur Jasmin Raymond dresse un état de la situation au Québec.  

L’hydrogène naturel, un gaz présent partout sur notre planète, fait l’objet d’un intérêt croissant de la part des gouvernements et de l’industrie en tant que ressource émergente pour la production d’une énergie « plus propre ».  

Cette ressource naturelle exempte de carbone, contrairement au gaz naturel ou au pétrole, pourrait devenir un élément clé de la transition énergétique, en complément à l’hydrogène vert. 

Bien que les connaissances sur cette ressource et les efforts effectués pour la mettre en valeur n’en soient encore qu’au stade de l’exploration dans le monde, notamment au Québec où l’on pense pouvoir en découvrir des réserves, certains États adaptent déjà leur cadre réglementaire en prévision d’une utilisation élargie de cette ressource. C’est le cas, par exemple, de la France et de l’Australie.

Une première au Québec 

Une équipe de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), sous la supervision du professeur Jasmin Raymond et du professeur associé Stephan Séjourné, également président d’Enki GeoSolutions, vient de produire six rapports de recherche qui ont été financés par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE).  

S’appuyant sur une revue exhaustive de la littérature scientifique, l’équipe dresse l’état des connaissances géologiques, géophysiques et géochimiques sur l’hydrogène naturel, tout en observant ce qui se fait ailleurs et qui pourrait être reproduit au Québec. 

Le professeur Jasmin Raymond

« Nous devons évaluer s’il existe une ressource d’hydrogène naturel au Québec et si elle est renouvelable. Nos travaux permettront de poser des bases scientifiques, rigoureuses, afin de voir si l’hydrogène naturel peut-être valorisé pour contribuer à la transition énergétique de la province et bénéficier à toute la société québécoise. »  

Jasmin Raymond, professeur et titulaire de la Chaire de recherche de l’Institut nordique du Québec sur le potentiel géothermique du Nord 

Ces six rapports succèdent à une première étude publiée au mois de mars dernier dans la revue Frontiers in Geochemistry. L’équipe y montrait que des roches pouvant produire naturellement de l’hydrogène étaient présentes dans différents contextes géologiques du Québec, autant dans les bassins sédimentaires du sud de la province que dans le Bouclier canadien au Nord. 

« Des traces dans les roches attestent de la production d’hydrogène naturel dans l’histoire géologique du Québec. Maintenant, il faut déterminer si l’on peut trouver une structure ayant permis une grosse accumulation de ce gaz qui en permettrait une exploitation viable. »  

Félix-Antoine Comeau, professionnel de recherche à l’INRS dans l’équipe de Jasmin Raymond 

L’INRS possède une expertise de plusieurs décennies sur la recherche encadrant l’explorations pétrolière et gazière ainsi que sur les réservoirs souterrains qu’il s’agisse de séquestration du CO₂ ou d’énergie géothermique. 

L’équipe composée de Geneviève Bordeleau (professeure, INRS), Maxime Claprood (professionnel de recherche, INRS au moment des travaux, présentement professeur à l’UQAC), Félix-Antoine Comeau, Bernard Giroux (professeur, INRS), Erwan Gloaguen (professeur, INRS), Michel Malo (professeur honoraire, INRS), Maria Luisa Moreira dos Santos (étudiante à la maîtrise, INRS), Pascal Mouge et Valentin Mulliez (Novatem), Jasmin Raymond et Stephan Séjourné, reflète la multidisciplinarité des expertises nécessaires pour mener ces travaux.  

Dans un rapport de synthèse, l’équipe de recherche a formulé trois recommandations principales avec une série d’étapes visant à améliorer les chances de trouver de l’hydrogène naturel et à préparer la mise en valeur de cette ressource. 

« En plus de démontrer qu’il pourrait y avoir une nouvelle ressource à explorer au Québec, notre travail jette les bases d’une future réglementation entourant son exploitation », explique Félix-Antoine Comeau, rappelant que certaines entreprises pourraient se lancer dans l’exploration trop rapidement et potentiellement aux mauvais endroits. 

« Si le Québec veut rester compétitif sur le plan énergétique et économique, c’est important de s’en préoccuper dès maintenant. » 

Professeur Jasmin Raymond