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Les hommes veufs plus susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer de la prostate à un stade avancé

12 août 2021 | Audrey-Maude Vézina

Mise à jour : 4 février 2022

Une équipe de l’INRS étudie le lien entre le statut matrimonial et l’incidence de cette maladie.

Les hommes veufs devraient bénéficier du soutien de leur entourage et d’un suivi médical plus serré.

L’environnement social est un facteur important à considérer dans le risque de développer un cancer de la prostate. La doctorante Charlotte Salmon et la professeure Marie-Élise Parent de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) ont entre autres démontré que les hommes veufs sont plus susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer de la prostate lorsque celui-ci est à un stade avancé. Leurs résultats de recherche ont été publiés dans la revue European Journal of Epidemiology.

Pour la première fois, ce lien a été mis en évidence grâce à l’analyse de 12 études, provenant du consortium international PRACTICAL, comparant 14 000 hommes nouvellement diagnostiqués d’un cancer de la prostate et 12 000 hommes sains.

« Ce grand bassin de sujets nous a permis de voir que les hommes veufs risquent d’être diagnostiqués plus tardivement que les hommes mariés ou en couple. Par conséquent, lorsque le diagnostic est posé, il y a plus souvent des métastases ailleurs dans le corps », rapporte la doctorante dont la thèse porte sur l’isolement social et le cancer de la prostate.


Dépistage et mode de vie

Charlotte Salmon, doctorante

Selon plusieurs études, ce lien avec le statut matrimonial viendrait du fait que la vie de couple promeut un mode de vie plus « sain ».

« Sans conjoint qui encourage le malade à aller voir le médecin ou à se faire dépister, les cancers restent plus longtemps non détectés et peuvent être diagnostiqués à un stade plus avancé. Le pronostic est donc plus sombre. »

Charlotte Salmon, doctorante et première auteure de l’étude

Pour éviter cette situation, les hommes veufs devraient bénéficier du soutien de leur entourage et d’un suivi médical plus serré.

D’autres différences dans le mode de vie, comme la consommation d’alcool et l’incidence émotionnelle du deuil, font partie des hypothèses pour expliquer ces résultats. L’alimentation est aussi un facteur de risque possible, un lien que démontraient la professeure Parent et la chercheuse Karine Trudeau dans une précédente étude publiée en 2020.

Des recherches futures permettront de mieux comprendre pourquoi le veuvage est associé à un plus grand risque et ainsi de développer des interventions ciblées de santé publique.

Outre l’état matrimonial des hommes, la doctorante se penchera sur le nombre de personnes cohabitant avec l’homme atteint (membres de la famille), la structure familiale, le milieu de vie (quartier défavorisé ou non) et d’autres facteurs sociaux.

Rappelons que la Société canadienne du cancer estimait, en 2020, que 23 300 hommes au pays recevraient durant l’année un diagnostic de cancer de la prostate. Cela représente en moyenne 64 diagnostics et 11 morts par jour pour ce seul cancer.


À propos de l’étude

L’article « Marital status and prostate cancer incidence : a pooled analysis of 12 case–control studies from the PRACTICAL consortium », par Charlotte Salmon, Marie-Élise Parent et coll., a été publié dans le European Journal of Epidemiology. L’étude a reçu du soutien financier de la Société canadienne du cancer, de la Société de recherche sur le cancer, des Instituts de recherche en santé du Canada et du Fonds de recherche du Québec – Santé.

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