L’INRS et les recherches sur le territoire ancestral de la Nation Waban-Aki

Publié par Audrey-Maude Vézina

18 août 2020

( mise à jour : 17 septembre 2020 )

En cette 16e édition du mois de l’archéologie, suivez Geneviève Treyvaud, professeure associée à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), au cœur de projets collaboratifs avec l’INRS et le Bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki, où elle est aussi archéologue. 

À bord de leur kayak, Geneviève Treyvaud et l’équipe du Bureau du Ndakina et des Bureaux Environnement et Terre de la Nation Waban-Aki sillonnent les berges des rivières Bécancour et Saint-François, deux axes de navigation utilisés par les Abénakis pour se rendre au fleuve Saint-Laurent depuis le Maine. Ce n’est pas la recherche d’artefacts qui les amènent sur le terrain, mais bien l’érosion à laquelle font face les nombreux sites archéologiques qui bordent les cours d’eau. 

L’INRS et les recherches sur le territoire ancestral de la Nation Waban-Aki
Photo : Bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki.

Avec les changements climatiques, les berges sont soumises à davantage de vagues et d’ondes de tempête ce qui peut détériorer les sites et les artefacts qui s’y trouvent. Le projet Érosion, en collaboration avec l’équipe du professeur Pierre Francus de l’INRS, cherche à caractériser leur niveau de dégradation. « Grâce à la modélisation, à la stratigraphie des sédiments et à des drones de surveillance, on peut déterminer quels sites sont les plus en danger, prioriser les fouilles et ainsi sauver les artefacts », explique l’archéologue.

Dans ce projet, elle a l’impression de travailler à l’envers. « Habituellement, en archéologie, on trouve des indices sur un site, puis on le fouille. Avec l’érosion, les gens trouvent des artefacts sur les plages qui peuvent venir de plus loin. On doit donc trouver les sites à partir des indices », rapporte l’archéologue.

L’INRS et les recherches sur le territoire ancestral de la Nation Waban-Aki
Durant le projet Érosion, une équipe caractérise les phénomènes d’érosion sur les sites archéologiques et les zones de potentiel archéologiques des rivières Bécancour et Saint-François. Photo : Bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki.

Des coquillages aux paniers de frêne

Les recherches de Geneviève Treyvaud ne s’arrêtent pas à l’érosion. Depuis 2012, elle étudie les wampums, des perles fabriquées à partir de coquillages. Grâce au tomodensitomètre (CT Scan) du Laboratoire multidisciplinaire de tomodensitométrie pour les ressources naturelles et le génie civil de l’INRS, elle caractérise les artefacts de façon non destructive. Son objectif : identifier les types de coquillages et les différents modes de fabrication. Dans le cadre de ce projet, intitulé INTROSPECT, elle et son équipe, composée de Pierre Francus, Mathieu Des Roches et Louis-Frédéric Daigle, se sont rendue à Rennes pour étudier une longue ceinture composée de ces perles qui fut donnée à la Cathédrale de Chartres par la Nation Waban-Aki à la fin du 17e siècle. 

L’INRS et les recherches sur le territoire ancestral de la Nation Waban-Aki
Le projet Abaznodali8di, qui s’intéresse à la reconstruction des modes de fabrication de la vannerie de la Nation Waban-Aki, analyse des paniers de frênes grâce à un tomodensitomètre. Photo : INRS

Plus récemment, elle s’intéresse à la fabrication de panier en frêne noir, un arbre en voie de disparition à cause de l’agrile du frêne. Avec le tomodensitomètre, Geneviève Treyvaud veut déterminer comment la fibre de frêne réagit aux différents pliages. L’idée serait de trouver une autre ressource qui pourrait réagir de la même façon pour remplacer le frêne noir. Les tests se font sur des paniers modernes et des artefacts, ce qui permet de voir l’évolution de la technique à travers le temps.

 Ces deux recherches feront l’objet d’expositions au Musée des Abénakis.