Pascale Champagne : femme de science, femme de tête

11 février 2021 | Sophie Laberge

Mise à jour : 17 février 2021

À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, le 11 février, nous vous présentons la directrice scientifique de l’INRS, au fil des saisons.

Pascale Champagne, directrice scientifique de l’INRS depuis septembre 2020, a un doctorat en génie de l’environnement, de la Carleton University. Elle a reçu la Engineering Medal, lors des Ontario Professional Engineers Awards (OPEA), dans la catégorie recherche et développement.

Cela fait à peine quelques mois que Pascale Champagne a été nommée directrice scientifique de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et nous découvrons déjà la personnalité d’une passionnée de sciences. Chercheuse et gestionnaire d’exception, elle prône l’avancement de la science à travers l’interdisciplinarité. Nous pouvons donc dire qu’elle a trouvé chaussure à son pied à l’INRS ! Entre les nombreux dossiers qu’elle gère, nous avons eu l’occasion de revenir sur les derniers mois et de discuter des projets en cours et à venir.


L’automne de toutes les couleurs 

Vous avez dû, comme plusieurs membres de la communauté de l’INRS, commencer votre mandat avec les contraintes des règles sanitaires en vigueur. Comment s’est passée votre arrivée ?

J’ai été très bien accueillie dès le début, mais cela m’a manqué de ne pas pouvoir rencontrer mes nouveaux collègues en personne. Professionnellement, j’ai commencé par m’approprier les dossiers et la culture de l’INRS. Je suis très reconnaissante de la générosité et de l’appui de mes collègues pour me mettre au courant des divers dossiers. Les directions des centres ont d’ailleurs beaucoup contribué à mon intégration. Je tiens également à remercier Philippe-Edwin Bélanger, directeur du Service des études supérieures et postdoctorales, qui m’a accompagné à mon arrivée.


Quels sont les premiers dossiers qui vous ont interpellée ?

Le programme scientifique de l’INRS, bien sûr ! Celui-ci doit être représentatif de notre vision intersectorielle et s’arrimer au plan stratégique de la direction générale. Ensuite sont venus l’élaboration et le lancement du programme de soutien financier interne pour des projets de recherche sur la COVID-19 ainsi que la sélection des cinq projets retenus. C’est réellement à ce moment que j’ai eu l’occasion de constater la qualité et la créativité de notre communauté scientifique.

Puis, nous avons poursuivi la réflexion sur notre vision stratégique pour nous positionner, valoriser la recherche et rayonner davantage. En parallèle, nous avons lancé des processus d’embauche pour compléter l’équipe de la direction scientifique et entamer la préparation de projets mobilisant en recherche. L’arrivée de Nathalie Gendron comme directrice du Service à la recherche dans notre équipe est d’ailleurs un atout majeur.


L’hiver, la saison de tous les projets

Maintenant que l’effervescence de la rentrée du trimestre est derrière nous, quelles sont les priorités pour 2021 ?

Nous avons terminé l’année 2020 en grand, avec l’annonce que l’INRS est 1er en intensité de recherche au Canada et au Québec, avec le plus haut financement reçu par membre du corps professoral et membre étudiant. Je voudrais qu’on demeure leader au Québec et au pays et que notre expertise soit reconnue auprès des membres étudiants futurs et actuels, que ces derniers soient diplômés ou en cours de l’être. En lien avec cet objectif, nous développons actuellement un plan d’action pour le recrutement. Les portes ouvertes virtuelles du 6 février en sont un bon exemple.

D’autre part, le plan d’action scolaire, la formation et l’encadrement des membres étudiants, de même que les retombées et les contributions scientifiques des membres du corps professoral sont le noyau du rayonnement de l’INRS. Les étudiantes et les étudiants que nous formons sont le cœur de notre mission. Nous devons nous assurer de toujours mettre la barre plus haut, pour mieux former, mieux encadrer et mieux accompagner. Aller au-delà !

Pour les affaires professorales, je voudrais qu’on mise sur l’accompagnement dans les cheminements de carrière. En collaborant davantage avec le Bureau des partenariats et de la valorisation, nous voulons valoriser l’innovation en recherche chez les professeures et les professeurs. Pour l’INRS, être un leader au Québec passe par la valorisation, l’innovation, les prix, les distinctions et le rayonnement.


Le printemps de la science 

Une campagne de vaccination est en cours et le gouvernement annonce une reprise des cours en personne une journée par semaine. Comment se dessine votre printemps ?

Je pense qu’il y a une occasion à saisir avec la place que la science occupe depuis le début de la pandémie de COVID-19, entre autres avec les médias. La perception des gens a beaucoup évolué au cours des derniers mois en ce qui concerne la science et les scientifiques. Nous avons la chance d’avoir des membres du corps professoral qui interviennent généreusement dans les médias. Cela permet au grand public de reconnaître l’utilité de ce que nous faisons à l’INRS. Ce sera donc au cœur de la réflexion.

Le dossier équité, diversité, inclusion (EDI) sera également prioritaire en recherche, entre autres avec les nouvelles règles des organismes subventionnaires. Les choses ont beaucoup évolué et nous avons la responsabilité de nous adapter afin de promouvoir différents profils , et de nous ancrer dans le présent. Pour moi, l’EDI nourrit l’excellence en recherche. La diversité apporte de l’eau au moulin pour aller au-delà. L’ouverture, l’équité et la diversité sont des mots clés pour moi. Il faut un milieu sain pour réaliser les travaux de recherche et poursuivre l’enseignement pour nos étudiantes et nos étudiants.

Et puis mon équipe sera complète très bientôt, entre autres avec l’arrivée d’une nouvelle directrice au Bureau des partenariats, et, en mars, d’une nouvelle directrice adjointe, Isabelle Delisle, à la direction scientifique de l’INRS. Dès que les règles sanitaires le permettront, j’irai faire la visite des installations de l’INRS, rencontrer les gens, présenter notre mandat et en savoir plus sur les objectifs de chacune et chacun. Je suis une personne qui aime le contact avec les gens; le choix d’une carrière scientifique a été fait en conséquence.

Malgré ce qu’on peut penser, une carrière universitaire en sciences n’est pas un chemin solitaire. C’est un travail d’équipe, un peu comme dans un orchestre. Chaque membre de l’équipe a un rôle important et l’expérience et les connaissances se partagent, pour faire avancer les choses. Je retrouve cet esprit à l’INRS.


À propos de Pascale Champagne

Pascale Champagne a commencé sa carrière universitaire à l’Université Carleton avant de joindre l’Université Queen’s en 2005, où elle a été professeure en génie civil et en génie chimique. Elle est reconnue pour son expertise dans le développement de sources de bioénergie et de bioproduits à partir de matériaux renouvelables, de technologies alternatives pour la gestion de l’eau et des résidus ainsi que d’approches environnementales durables. Dans le cadre de ses fonctions à l’Université Queen’s, elle a formé 227 associées et associés de recherche, stagiaires postdoctoraux, étudiantes et étudiants au baccalauréat, à la maîtrise, au doctorat et autre personnel hautement qualifié.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génie des bioressources, elle a été nommée à la direction du nouveau Beaty Water Research Centre (BWRC) en 2017. Elle a proposé une vision d’éducation, de sensibilisation et de recherche interdisciplinaire unique pour ce centre de recherche collaboratif et interdisciplinaire sur l’eau et l’environnement.

En 2019, elle a reçu le prestigieux prix Brockhouse du Canada pour la recherche interdisciplinaire en sciences et en génie du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) pour avoir élaboré, en collaboration avec trois chercheuses et chercheurs d’autres disciplines, une stratégie globale pour un avenir durable. Plus récemment, elle s’est vu remettre la Engineering Medal dans la catégorie recherche et développement lors des Ontario Professional Engineers Awards (OPEA).